À quelques semaines du ramadan 2026, le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné au gouvernement de garantir un mois « sans pénuries ni flambées injustifiées », dans un contexte de tensions récurrentes sur les marchés.
Abdelmadjid Tebboune a fixé le ton lors du dernier Conseil des ministres, en exigeant que « toutes les conditions nécessaires » soient réunies pour permettre aux citoyens de traverser le mois sacré « en parfaite tranquillité et sans préoccupations », selon un communiqué officiel de la présidence de la République. Cette directive intervient alors que la hausse saisonnière de la demande alimentaire met régulièrement sous pression l’appareil d’approvisionnement national.
Le chef de l’État a rappelé que le ramadan « revêt un caractère particulièrement sacré » et constitue un moment d’« entraide et de solidarité », appelant les membres du gouvernement à « redoubler d’efforts et de mobilisation ». Au-delà de l’affichage politique, l’exécutif entend prévenir les tensions sur les produits de large consommation et contenir toute dérive spéculative susceptible d’éroder davantage le pouvoir d’achat.
Les autorités mettent en avant une disponibilité jugée suffisante en produits agricoles et en biens essentiels. Toutefois, le président a insisté sur un point central : cette abondance déclarée doit se traduire concrètement par une stabilité des prix à la consommation. Or, ces dernières années, les périodes précédant le ramadan ont été marquées par des hausses sensibles sur certains produits alimentaires, révélant les fragilités structurelles des circuits de distribution et de contrôle.
Sous l’égide du ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, une série d’actions coordonnées a été engagée. Le dispositif repose sur la mobilisation accrue des cadres du secteur, l’implication des producteurs nationaux, la participation des associations de consommateurs et la coordination avec différents partenaires économiques. Les autorités assurent avoir adopté une démarche « proactive et ciblée » afin d’éviter toute rupture d’approvisionnement.
Parallèlement, le gouvernement prévoit la mise en place de marchés de proximité dans plusieurs régions, le renforcement des dispositifs de contrôle et l’intensification des missions de lutte contre la spéculation. Des campagnes de sensibilisation sont également annoncées pour encourager une consommation rationnelle et limiter le gaspillage.
Reste que la répétition annuelle de ces mesures souligne la difficulté persistante à réguler durablement les marchés. Si le cap présidentiel est affiché avec fermeté, son efficacité dépendra de la capacité des autorités à agir en profondeur sur les chaînes d’intermédiation, la transparence des prix et la crédibilité des contrôles, au-delà des annonces conjoncturelles précédant le mois sacré.
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