Plus de 33 milliards de rands sud-africains, soit environ 2 milliards de dollars, sont mobilisés pour financer le secteur africain de la santé, avec pour objectif de renforcer la production locale, la distribution et les échanges transfrontaliers de produits sanitaires.
Ces investissements, portés notamment par des mécanismes de financement mixte, le capital-investissement et les institutions de financement du développement, trouvent à Johannesburg un important centre opérationnel. La ville sud-africaine se positionne ainsi comme une plateforme stratégique pour accompagner la transformation des chaînes d’approvisionnement sanitaires du continent, dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA).
Cette dynamique s’inscrit dans l’accélération de la politique d’achats locaux impulsée par l’Union africaine à travers le Mécanisme africain d’achat groupé (MAAG). Mis en œuvre par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), le dispositif a déjà conduit à un premier appel d’offres impliquant plusieurs États et des producteurs locaux.
Cette démarche vise à mutualiser la demande, à réduire les coûts d’acquisition et à favoriser l’émergence d’une offre sanitaire africaine plus compétitive. L’Égypte a, par ailleurs, été retenue comme siège opérationnel du mécanisme afin de faciliter la consolidation de la demande régionale.
Johannesburg, vitrine des opportunités
C’est dans ce contexte que Johannesburg accueillera, du 6 au 8 octobre 2026 au Gallagher Convention Centre, le Salon mondial de la santé (WHX). Organisé par inD, l’événement devrait réunir plus de 10.000 professionnels, 600 exposants sur quelque 15.000 mètres carrés et 13 pavillons nationaux.
La rencontre entend notamment mettre en relation les investisseurs internationaux avec les fabricants africains de dispositifs médicaux, les fournisseurs de technologies de laboratoire et les responsables des achats du secteur sanitaire.
Trois « Healthcare Indabas » consacrés au leadership, aux services de laboratoire et à la gestion de la qualité doivent également faciliter les échanges entre acteurs publics et privés. Ces rencontres seront organisées avec le concours d’organisations spécialisées, dont le Council for Health Service Accreditation of Southern Africa (COHSASA) et le Service national sud-africain des laboratoires de santé.
À travers ces initiatives, l’Afrique du Sud cherche à renforcer son rôle de porte d’entrée vers les marchés sanitaires africains, en s’appuyant sur ses capacités industrielles, ses infrastructures logistiques et ses réseaux de distribution.
L’enjeu dépasse toutefois les frontières sud-africaines. Le renforcement de chaînes d’approvisionnement régionales et l’augmentation de la production locale sont considérés comme des leviers pour réduire la dépendance du continent aux importations et améliorer la disponibilité des médicaments, équipements et technologies de santé.
ABJ/fss/te/APA







