Le Zimbabwe a annoncé qu’il procéderait à la restitution de 67 fermes saisies il y a plus de vingt ans à des ressortissants du Danemark, de l’Allemagne, des Pays-Bas et de la Suisse. Une décision que les autorités présentent comme une étape vers l’apaisement des relations avec les pays occidentaux et un appui à leur démarche en faveur d’un allègement de la dette.
S’exprimant devant le Parlement, le ministre de l’Agriculture, Anxious Masuka, a indiqué que la restitution de 67 exploitations agricoles à leurs propriétaires européens relève d’accords bilatéraux de protection des investissements signés avec les pays concernés. Leur restitution s’inscrit, selon lui, dans le cadre des efforts visant à résoudre les litiges fonciers encore en suspens.
Cette annonce marque une nouvelle avancée dans la volonté du Zimbabwe de tourner la page du programme de réforme agraire accéléré lancé en 2000 sous le régime de Robert Mugabe. À l’époque, plus de 4 000 fermes appartenant à des agriculteurs blancs avaient été expropriées puis redistribuées à des populations noires, dans le cadre d’une politique présentée comme une correction des déséquilibres fonciers hérités de la colonisation.
Ces expropriations avaient toutefois entraîné des sanctions économiques de la part des pays occidentaux et la suspension de plusieurs programmes d’aide internationale.
Arrivé au pouvoir en 2017, le président Emmerson Mnangagwa s’est engagé à normaliser les relations diplomatiques et économiques du pays, tout en réglant les dossiers d’indemnisation liés aux terres agricoles. En 2020, son gouvernement avait accepté le principe d’un dédommagement de 3,5 milliards de dollars en faveur d’environ 4 000 agriculteurs blancs, un processus qui reste toutefois limité par des contraintes financières.
Par ailleurs, Harare prévoit de mobiliser 146 millions de dollars pour indemniser des ressortissants étrangers couverts par des accords de protection des investissements.
Selon le ministre de l’Agriculture, le processus de restitution ne concerne pas uniquement les fermes détenues par des Européens. Au total, 840 propriétés appartenant auparavant à des agriculteurs noirs ainsi qu’environ 400 fermes détenues par des agriculteurs blancs devraient également être ré-attribuées dans le cadre de ce vaste programme de régularisation foncière.
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