Un colloque international organisé dans le cadre du Festival Aïssawa 2026 a exploré, vendredi à Meknès, la contribution du soufisme marocain à la défense des grandes causes nationales, avec un éclairage particulier sur la question du Sahara.
La galerie Bab Mansour de Meknès a accueilli, vendredi 24 juillet, le colloque international sur le soufisme, organisé à l’occasion de la 6ᵉ édition du Festival Aïssawa : Maqâmates et Rythmes du Monde, selon un communiqué des organisateurs. La rencontre était placée sous le thème « Le soufisme et les grandes questions nationales : la question du Sahara marocain comme modèle de réflexion ».
Le colloque a adopté cette année un format inspiré des débats télévisés, avec un plateau animé par Mohamed Reda El Abidi, journaliste et présentateur à la chaîne publique Al Aoula. Ce dispositif visait à rendre les échanges plus accessibles et à confronter plusieurs lectures politiques, géostratégiques et communicationnelles du rôle joué par le soufisme dans la construction de l’identité nationale.
La première séquence a réuni Mohamed Manar Slimi, politologue, professeur à l’Université Mohammed V de Rabat et spécialiste du droit international, ainsi que Said Khomssi, président de la Fondation Maroc Région et expert en questions géostratégiques. Abdelfattah Belamchi, politologue et professeur à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, et Karim Hadri, journaliste et chercheur en communication et sciences politiques à l’Université Hassan II de Casablanca, ont participé à la seconde partie du débat.
Les intervenants ont souligné la singularité du modèle religieux marocain, qui associe spiritualité soufie, stabilité institutionnelle, ouverture et attachement aux constantes nationales. Selon eux, cette architecture constitue également un instrument de rayonnement diplomatique et culturel, notamment en Afrique, où les confréries et les réseaux spirituels marocains entretiennent des liens historiques avec plusieurs pays.
Les échanges ont également présenté le soufisme comme un projet de société dépassant la seule pratique spirituelle. Son influence s’exercerait notamment dans la formation de l’individu, la consolidation du sentiment d’appartenance nationale, la promotion du vivre-ensemble et la diffusion des valeurs de paix, de modération et de tolérance.
À travers cette rencontre, le Festival Aïssawa ambitionne d’installer son colloque international sur le soufisme comme un rendez-vous annuel de réflexion et de dialogue autour des enjeux religieux, culturels et nationaux contemporains.
MK/Sf/APA







