La Banque centrale d’Érythrée a ordonné à tous les citoyens et organisations de déposer l’intégralité de leurs avoirs en espèces en monnaie nationale (nakfa) auprès des banques commerciales avant la fin du mois de juillet, avec effet immédiat.
La directive érythréenne portant dépôt obligatoire des liquidités en nakfa d’ici fin juillet, publiée en début de semaine, interdit la détention prolongée d’importantes sommes en nakfa en dehors du système bancaire. Elle précise que tout manquement à cette obligation exposera les contrevenants à des poursuites judiciaires.
En vertu de la réglementation en vigueur, les titulaires de comptes bancaires ne peuvent retirer que 5 000 nakfa par mois. Les personnes ne disposant pas encore d’un compte sont invitées à en ouvrir un afin d’y déposer leurs liquidités avant l’échéance fixée.
La Banque centrale n’a toutefois pas précisé la nature des sanctions encourues.
Cette mesure est largement interprétée comme une volonté des autorités de réintégrer les liquidités circulant hors du système bancaire dans les circuits officiels et de renforcer le contrôle de l’État sur la masse monétaire. Elle s’inscrit dans le cadre d’un système financier fortement réglementé, marqué par un strict contrôle des devises et des activités bancaires.
Il y a plus de dix ans, à l’occasion d’une réforme monétaire, les autorités érythréennes avaient déjà exigé le dépôt de toutes les liquidités dans les banques dans le cadre d’un processus de re-dénomination. Elles avaient alors justifié cette décision par la nécessité de lutter contre les transferts d’argent illicites et de stabiliser l’économie.
Selon plusieurs économistes, ces restrictions ont contribué à freiner l’activité commerciale, et à réduire la flexibilité financière des ménages, avec des répercussions sur les transactions quotidiennes et l’ensemble de l’activité économique.
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