La Tunisie célèbre jeudi sa Fête nationale de la femme, soixante-dix ans après la promulgation du Code du statut personnel, dans un contexte où les acquis juridiques côtoient encore d’importantes disparités économiques et sociales.
La Tunisie célèbre, jeudi 13 août, la Fête nationale de la femme, date correspondant à l’anniversaire de la promulgation, en 1956, du Code du statut personnel (CSP). Plusieurs manifestations culturelles, associatives et institutionnelles accompagnent cette journée, traditionnellement consacrée à la place des Tunisiennes dans la société et à l’évolution de leurs droits.
Promulgué quelques mois après l’indépendance, le CSP constitue l’un des principaux textes ayant façonné le modèle social tunisien. Il a notamment aboli la polygamie, réglementé le divorce et introduit plusieurs dispositions renforçant le statut juridique des femmes. Les réformes adoptées au cours des décennies suivantes ont progressivement élargi ces acquis, faisant de la question des droits des femmes un marqueur important de l’évolution institutionnelle du pays.
La commémoration intervient toutefois dans un environnement économique et social difficile. L’accès des femmes à l’emploi, leur participation aux responsabilités économiques, les disparités entre régions ainsi que les violences fondées sur le genre continuent d’alimenter les débats. Les organisations de la société civile profitent traditionnellement du 13 août pour attirer l’attention sur ces questions et réclamer une application plus effective des dispositifs de protection existants.
Cette édition intervient également au lendemain du lancement, à Tunis, par l’association Aswat Nissa, d’une plateforme consacrée au recensement et à la documentation des féminicides. L’organisation affirme avoir documenté 109 féminicides depuis janvier 2018, dont 30 pour la seule année 2025, contre 26 en 2024, 25 en 2023 et 23 en 2022.
Soixante-dix ans après l’adoption du Code du statut personnel, la Fête nationale de la femme conserve ainsi une double dimension en Tunisie : célébrer les réformes ayant profondément transformé le statut des Tunisiennes, tout en mettant en évidence les écarts qui subsistent entre les droits consacrés par les textes et leur traduction dans la vie économique et sociale.
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