Réunie en Assemblée générale mixte, ce jeudi 18 juin 2026 à Abidjan, l’Organisation interprofessionnelle agricole de la filière Café-Cacao (OIA Café-Cacao) a franchi un cap historique. La jeune organisation a adopté une série de décisions structurantes, validant notamment la mise en place d’un mécanisme de financement autonome estimé à 15,8 milliards de FCFA.
À l’occasion de sa première assemblée en Côte d’Ivoire, l’OIA Café-Cacao a réaffirmé son ambition de s’imposer comme la voix unifiée de l’ensemble des acteurs de la filière. Son objectif est clair : bâtir une interprofession forte, capable de relever les défis majeurs liés à la commercialisation, à la gestion des stocks et à l’amélioration concrète des conditions de vie des producteurs.
Les délégués présents ont adopté à l’unanimité plusieurs résolutions cruciales visant à consolider la gouvernance, le financement et la représentativité de la principale filière agricole du pays. Les travaux ont permis d’examiner et de valider le bilan moral et financier de l’organisation, ainsi que les modalités de mise en œuvre de la Cotisation volontaire obligatoire (CVO).
Ce mécanisme, présenté comme le levier clé de l’autonomie financière de l’OIA, reposera sur un prélèvement de 10 FCFA par Kg de cacao et de café commercialisé. Sur la base d’une assiette taxable estimée à 1,56 million de tonnes de cacao et 20 000 tonnes de café, ce dispositif permettra de mobiliser un budget prévisionnel de 15,8 milliards de FCFA pour assurer le fonctionnement durable de l’institution.
Pour Obed Blondé-Doua, troisième vice-président et porte-parole de l’OIA Café-Cacao, cette rencontre répondait avant tout à un impératif de bonne gouvernance. Elle s’inscrit dans le cadre normal du fonctionnement de l’institution, créée le 3 décembre dernier, qui entame ainsi la mise en œuvre de ses mécanismes administratifs et opérationnels.
« Il était essentiel de soumettre à l’Assemblée générale l’ensemble des diligences engagées par le Conseil d’administration, notamment la CVO, le bilan moral et financier, ainsi que les modalités de gestion des stocks résiduels de cacao », a-t-il déclaré. Se félicitant de la confiance des acteurs, il a salué l’accompagnement constant de l’État ivoirien, du ministère de l’Agriculture et du Conseil du Café-Cacao.
Abordant la question sensible des stocks résiduels de cacao détenus par certains producteurs et coopératives, le porte-parole a indiqué que les 23 000 tonnes initialement attribuées à l’OIA ont été entièrement écoulées. Toutefois, certaines cargaisons non conformes aux standards de qualité ont été refoulées.
« Nous poursuivons les discussions avec le Conseil du Café-Cacao afin que ces volumes puissent être réaffectés aux coopératives et producteurs disposant encore de stocks. Notre priorité reste la protection des intérêts des planteurs », a assuré Blondé-Doua.
Le président de l’OIA Café-Cacao, Diakité Siaka, s’est réjoui du bon déroulement de cette première assemblée. Il a rappelé que la question des stocks villageois demeurait une priorité absolue et que les négociations se poursuivraient avec les autorités de régulation pour trouver des solutions adaptées.
« Tant que les planteurs ne sont pas à l’aise, nous ne pouvons pas être à l’aise », a martelé le président de la filière, Diakité Siaka, réaffirmant l’engagement de la structure à défendre les intérêts des producteurs.
« Nous avançons progressivement mais sûrement. L’État est à nos côtés et nous continuons de travailler pour apporter des réponses aux préoccupations des producteurs, notamment celles liées aux stocks encore disponibles dans les villages », a-t-il assuré.
Cette première assemblée générale de l’Interprofession agricole de la filière Café-Cacao, marque une étape décisive dans la structuration de l’OIA Café-Cacao, désormais outillée pour jouer un rôle central dans la gouvernance de l’or vert de la Côte d’Ivoire.
AP/Sf/APA






