Le Ghana a réaffirmé son engagement en faveur d’une résolution autonome des conflits en Afrique. Le président John Dramani Mahama a plaidé pour une transition accélérée vers des opérations de soutien à la paix conduites par les Africains, afin de réduire la dépendance de longue date à l’égard des donateurs.
S’exprimant lors de la 21e session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA), à Luanda, en Angola, le président Mahama a officiellement approuvé le Plan d’action de Luanda et le Modèle de déclenchement de l’Union africaine.
Il a souligné que l’évolution des défis sécuritaires en Afrique exigeait une détection proactive des conflits ainsi que des réponses rapides aux signaux d’alerte précoce.
« Le Ghana attache une importance particulière à un financement durable, prévisible et géré par les Africains de notre programme de paix et de sécurité », a déclaré M. Mahama.
« Notre tâche doit garantir une mise en œuvre efficace, une meilleure coordination et une responsabilité partagée dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales », a-t-il ajouté.
Le président ghanéen a salué la résolution 2719 (2023) du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui établit un cadre pour le financement des opérations de soutien à la paix conduites par l’UA grâce aux contributions mises à la charge des États membres de l’ONU. Il a exhorté les parties prenantes à mettre en œuvre ce cadre, tout en préservant l’appropriation et la responsabilité africaines.
Sur le plan financier, M. Mahama s’est félicité des mesures engagées pour mobiliser 1 milliard de dollars en faveur du Fonds pour la paix de l’UA.
Ce financement repose notamment sur un prélèvement de 0,2 % sur les importations, ainsi que sur les contributions du secteur privé et des institutions financières africaines.
Au-delà des questions de paix et de sécurité, le président Mahama a présenté à l’Assemblée de l’UA les résultats de la conférence sur les réparations intitulée « Prochaines étapes », organisée à Accra.
Selon le rapport diffusé par le Groupe APO au nom de la Présidence de la République du Ghana, cette conférence a permis de définir plusieurs mécanismes institutionnels, notamment la création d’un Conseil consultatif de haut niveau sur la justice réparatrice et d’un groupe d’experts internationaux chargé de la restitution du patrimoine culturel africain pillé.
Saluant la dynamique internationale croissante autour de cette question, portée notamment par l’UA, la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et la diaspora africaine, le président Mahama a estimé que des changements historiques étaient déjà en cours.
« De nombreux pays ont commencé à aborder la question des réparations et restituent les objets pillés », a-t-il déclaré.
Il a également évoqué plusieurs avancées en matière de reconnaissance et de responsabilité, notamment les excuses officielles du Vatican et de l’archevêque de Canterbury.
Lors de sa récente visite au Ghana, l’archevêque avait annoncé la création d’un fonds de 100 millions de livres sterling destiné à soutenir la justice réparatrice et à associer les communautés anglicanes locales à cette démarche.
Pour l’avenir, le président Mahama s’est dit convaincu que la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, prévue en septembre prochain, permettra de renforcer le soutien international au programme de justice réparatrice en faveur de l’Afrique.
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