Face à l’urgence climatique et à la croissance démographique galopante, l’Afrique de l’Ouest harmonise ses politiques hydrauliques. Ce mercredi 23 septembre 2026, la commune de Port-Bouët à Abidjan a accueilli la 6ᵉ session du Comité ministériel de suivi de la Gestion intégrée des ressources en eau en Afrique de l’Ouest (GIRE-AO).
Réunis à Abidjan, ministres et partenaires financiers ont tracé les contours d’une gouvernance solidaire des fleuves et bassins partagés. L’or bleu est désormais au cœur de la stabilité géopolitique de la sous-région.
Qu’il s’agisse de sécurité alimentaire, de production d’énergie, de santé ou de résilience climatique, la gestion de l’eau ne peut plus se concevoir de manière isolée. C’est le message fort porté par le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’assainissement, Cheick Tidiane Dièye, qui présidait pour la première fois ce comité.
Transmettant les salutations du président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye à son homologue ivoirien Alassane Ouattara, le ministre sénégalais a fermement plaidé pour un changement de paradigme : « Il faut passer des engagements textuels aux résultats concrets sur le terrain ».
Rompre avec la gestion isolée des fleuves
La Côte d’Ivoire, par la voix de son ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan, a réaffirmé son adhésion totale à une exploitation équitable et concertée des ressources. Les défis locaux reflètent les urgences régionales : pollution des nappes, dégradation accélérée des écosystèmes et pressions sécuritaires.
Pour inverser la tendance, les ministres ont convenu de lever les verrous sur plusieurs axes stratégiques, en prônant le partage systématique des données hydrologiques fiables entre États ; la prévention conjointe des risques d’inondation et de sécheresse et l’implication directe des populations locales dans l’élaboration des politiques publiques.
« Nos populations n’attendent pas seulement de nous des engagements. Elles attendent des résultats », a martelé le ministre ivoirien Jacques Assahoré Konan, insistant sur la responsabilité politique des dirigeants face à l’accès universel à l’assainissement.
Cap sur le sommet mondial d’Abou Dhabi
Soutenue par les commissaires de la CEDEAO et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), cette session d’Abidjan a permis de transformer les recommandations techniques des experts, réunis depuis le 21 septembre, en résolutions politiques fermes.
Cette cohésion ouest-africaine intervient à un moment charnière. La région prépare activement sa participation à la Conférence des Nations unies sur l’eau, qui se tiendra du 8 au 10 décembre 2026 à Abou Dhabi, un événement mondial coorganisé par le Sénégal et les Émirats arabes unis.
Les résolutions adoptées à Abidjan serviront de socle pour bâtir une position commune africaine, axée sur le financement des infrastructures hydrauliques majeures et l’innovation face aux dérèglements climatiques.
AP/APA





