Avec une disponibilité annuelle d’eau inférieure à 490 mètres cubes par habitant, l’Égypte est confrontée à une situation de rareté hydrique extrême, ont indiqué les autorités égyptiennes lors d’un échange avec un rapporteur spécial des Nations Unies au Caire.
L’Égypte fait face à une pénurie hydrique structurelle, la part annuelle d’eau renouvelable par habitant étant tombée à moins de 490 mètres cubes, soit bien en deçà du seuil de rareté hydrique fixé par les normes des Nations Unies. Cette situation a été exposée dimanche au Caire par le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, lors d’une rencontre avec Pedro Arrojo Agudo, rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme à l’eau potable.
Selon le ministère égyptien des Affaires étrangères, cette disponibilité représente moins de la moitié du seuil de rareté hydrique défini par les agences onusiennes, qui considèrent qu’un pays entre en situation de stress hydrique en dessous de 1 700 mètres cubes par habitant et par an, et de rareté hydrique sous le seuil de 1 000 mètres cubes. En deçà de 500 mètres cubes, la situation est qualifiée de pénurie absolue.
Agissant également en sa qualité de président de la Haute Commission permanente des droits de l’homme, Abdelatty a souligné que l’Égypte devait garantir le droit à l’eau de plus de 110 millions de citoyens dans un contexte de ressources limitées, reposant quasi exclusivement sur le Nil, dont le pays dépend à hauteur de 98 %. Il a rappelé que cette contrainte structurelle était aggravée par la croissance démographique rapide et les effets du changement climatique.
Le ministre a présenté les mesures engagées par l’État égyptien pour atténuer le déficit hydrique, évoquant une approche « globale » combinant réformes législatives, renforcement institutionnel et investissements massifs dans les infrastructures. Parmi les principaux axes figurent l’extension des réseaux d’eau potable et d’assainissement, notamment dans les zones rurales, dans le cadre de l’initiative nationale « Hayat Karima » (« Vie décente »).
Les autorités mettent également en avant la réutilisation des eaux usées traitées, le développement de stations de dessalement, la modernisation des systèmes d’irrigation, ainsi que des politiques de rationalisation de la consommation et de protection de l’environnement. Ces efforts visent à améliorer la qualité des services tout en réduisant la vulnérabilité du pays aux risques climatiques.
Sur le plan régional, Abdelatty a insisté sur la nécessité de respecter le droit international encadrant la gestion des cours d’eau transfrontaliers. Sans citer explicitement de pays, il a dénoncé les mesures unilatérales prises en amont du Nil, estimant qu’elles portent atteinte à la capacité de l’Égypte à garantir le droit à l’eau de sa population. Il a appelé au respect des principes de notification préalable et de non-préjudice, affirmant que seule une coopération fondée sur le consensus permettrait de préserver les intérêts communs des États du bassin du Nil.
MK/AK/Sf/APA







