Le président algérien Abdelmadjid Tebboune s’est exprimé longuement face à la presse nationale lors d’un exercice désormais rituel, présenté par la présidence comme un moment de transparence et d’écoute citoyenne. Au centre de cette intervention : une rhétorique appuyée de souveraineté et de puissance, illustrée par une formule martelée à plusieurs reprises : « Celui qui veut humilier l’Algérie n’est pas encore né ».
Abordant les relations avec la France, jugées « fortement dégradées », le chef de l’État algérien a soigneusement évité toute escalade verbale directe, se limitant à saluer « le courage » de Ségolène Royal, sans préciser la portée politique de cet hommage. Pour le reste, il a affirmé que l’Algérie entretenait des relations « excellentes » avec l’ensemble des grandes puissances, citant des échanges réguliers avec les dirigeants chinois, russe ou allemand, sans toutefois détailler la nature concrète de ces relations ni leurs retombées effectives.
Dans un discours aux accents souvent incantatoires, le président a présenté l’Algérie comme une « puissance régionale, continentale et mondiale », traitant avec tous les États « d’égal à égal ». Cette affirmation tranche avec la réalité diplomatique du pays, marqué ces dernières années par des tensions récurrentes avec plusieurs partenaires européens et africains, ainsi que par une influence régionale contestée, notamment au Sahel.
Sur le plan économique, Abdelmadjid Tebboune a mis en avant le potentiel du gisement de fer de Gara Djebilet, qu’il a qualifié de projet à « rentabilité élevée ». Une annonce récurrente, alors que ce site stratégique est évoqué depuis des décennies comme un levier de diversification économique, sans que son exploitation industrielle n’ait encore produit les effets structurants promis sur l’emploi et les exportations hors hydrocarbures.
Concernant le Sahel, le président n’a pas dissimulé son agacement face à l’évolution politique de certains États voisins, tout en affirmant maintenir une « main tendue ». Là encore, le discours se veut conciliant, mais masque difficilement la marginalisation progressive d’Alger dans plusieurs dossiers sahéliens clés. Sur la Libye, il a réaffirmé que l’unité et la stabilité du pays constituaient une « ligne rouge », soulignant une coordination affichée avec l’Égypte et la Tunisie, sans résultats tangibles à ce stade.
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