Le Sénégal engage une nouvelle étape dans la construction de sa souveraineté éducative avec l’élaboration de son premier Document de politique linguistique nationale (DPLN), un cadre stratégique destiné à renforcer la place des langues nationales dans l’enseignement, la transmission des connaissances et la valorisation du patrimoine culturel.
La validation technique du nouveau Document de politique linguistique nationale (DPLN) s’est tenue mardi 28 juillet 2026 à Dakar, lors d’un atelier présidé par Moustapha Mamba Guirassy, ministre de l’Éducation nationale. Cette rencontre a réuni des universitaires, linguistes, chercheurs, spécialistes de l’éducation, représentants de la société civile, ainsi que des partenaires techniques et financiers, autour d’une ambition commune : bâtir un système éducatif davantage connecté aux réalités linguistiques et culturelles du pays.
Fruit d’un processus de réflexion et de concertation nationale, le DPLN se veut un instrument de référence pour orienter les politiques publiques en matière de langues. Il vise à promouvoir un environnement éducatif où les langues nationales, porteuses de savoirs endogènes, d’histoire et d’identité collective, occupent une place centrale dans le développement du capital humain.
Les autorités sénégalaises considèrent en effet que la maîtrise des langues premières constitue un levier essentiel pour améliorer les apprentissages, renforcer l’inclusion scolaire et favoriser une meilleure appropriation des connaissances par les élèves. L’objectif est de permettre aux enfants d’accéder aux premiers enseignements dans la langue qu’ils comprennent et pratiquent le mieux, tout en développant progressivement leurs compétences dans d’autres langues, notamment le français.
Cette approche s’inscrit dans la dynamique de refondation curriculaire engagée par le Sénégal, qui ambitionne de transformer l’école en un espace plus équitable, plus efficace et davantage ancré dans les réalités nationales. Le plurilinguisme est ainsi présenté comme une richesse et un atout stratégique pour préparer les jeunes générations aux défis d’un monde globalisé.
Au-delà de l’éducation, le document traduit une volonté politique de mieux reconnaître le rôle des langues nationales dans la construction d’un État souverain, capable de s’appuyer sur ses propres ressources culturelles et intellectuelles. Cette orientation rejoint les objectifs de la vision « Sénégal 2050 », qui place la valorisation du savoir, l’innovation et la formation d’un capital humain compétitif parmi ses priorités majeures.
S’exprimant à l’occasion de l’atelier, le ministre de l’Éducation nationale a réaffirmé l’engagement du gouvernement à poursuivre une démarche fondée sur la concertation et la co-construction afin de doter le pays d’une politique linguistique durable et inclusive.
Moustapha Mamba Guirassy a exprimé sa reconnaissance à l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus, notamment le comité scientifique de la Refondation curriculaire, les experts nationaux et internationaux ainsi que les partenaires techniques et financiers pour leur contribution à l’élaboration de ce document considéré comme une étape majeure dans l’évolution du système éducatif sénégalais.
TE/Sf/APA







