La Sierra Leone entend renforcer les mécanismes de contrôle et accélérer la numérisation de son système éducatif pour préserver la qualité et l’intégrité des formations, a indiqué mercredi à Freetown la ministre de l’Enseignement technique et supérieur, Dr Haja Ramatulai Wurie.
Intervenant lors d’une assemblée publique civique spéciale organisée au centre civique Miatta par le ministre de l’Information et de l’Éducation civique, Chernor Bah, Dr Wurie a identifié plusieurs menaces pesant sur le système éducatif, notamment la fraude aux examens, les insuffisances des mécanismes de contrôle et la falsification des diplômes.
Placée sous le thème « Comment faire face aux menaces qui pèsent sur une éducation de qualité en Sierra Leone ? », la rencontre a mis l’accent sur la nécessité de réformes urgentes pour renforcer la responsabilité des établissements, améliorer les procédures d’évaluation et accélérer l’intégration des technologies dans l’enseignement supérieur.
Forte de son expérience dans l’enseignement universitaire, la ministre a appelé les établissements à renforcer leurs contrôles internes et à appliquer de manière rigoureuse les procédures disciplinaires existantes. Selon elle, la lutte contre les pratiques frauduleuses doit devenir une priorité permanente afin de préserver les standards académiques.
Dr Wurie a particulièrement insisté sur la lutte contre la fraude aux examens, qu’elle considère comme une menace pour le développement du pays. Elle a plaidé pour une politique de tolérance zéro et pour un changement de culture visant à promouvoir l’intégrité académique auprès des étudiants et futurs professionnels.
La ministre a également préconisé un recours accru aux solutions numériques afin de réduire les risques d’interférence humaine dans l’organisation des examens. Des projets pilotes permettent déjà à certains étudiants de composer sur des plateformes électroniques utilisant des banques de questions aléatoires, une approche destinée à limiter les possibilités de collusion.
L’intelligence artificielle pourrait également être mise à contribution pour automatiser la correction de certaines évaluations à choix multiples et à réponses courtes. Ces dispositifs devraient toutefois rester soumis à des mécanismes de contrôle humain, notamment par les responsables des départements universitaires.
Face à la multiplication des préoccupations liées aux faux diplômes, Dr Wurie a par ailleurs appelé au renforcement des procédures de vérification dans les secteurs universitaire et professionnel. Elle a averti que la délivrance, l’acquisition ou l’utilisation de documents académiques falsifiés exposeraient leurs auteurs à de lourdes conséquences.
Pour la ministre, la préservation de la crédibilité du système éducatif nécessite enfin une mobilisation conjointe du gouvernement, des établissements d’enseignement et de l’ensemble de la société. La Sierra Leone, a-t-elle souligné, ne peut se permettre de compromettre ses standards académiques alors que ses diplômés sont appelés à occuper des responsabilités croissantes dans le pays.
ABJ/fss/te/APA







