Réuni sous la présidence du Premier ministre, Sifi Ghrieb, l’Exécutif algérien a examiné un projet de décret exécutif visant à fixer de nouvelles conditions d’agrément, de fonctionnement et de contrôle des établissements d’éducation et d’enseignement privés. Officiellement, il s’agit de mettre un terme aux « dysfonctionnements » constatés sur le terrain et à ce qui est désormais qualifié, au sommet de l’État, de « grand souk » du secteur.
Dans les faits, cette initiative consacre l’échec d’un encadrement jusque-là jugé insuffisant face à la prolifération d’écoles privées opérant dans un cadre réglementaire flou ou peu contrôlé.
Le texte prévoit l’instauration d’un cahier des charges renforcé détaillant les obligations administratives, techniques et pédagogiques des établissements concernés. L’agrément sera désormais conditionné au respect de la cartographie scolaire, afin de limiter les implantations jugées anarchiques.
Les écoles privées devront par ailleurs dispenser un enseignement strictement conforme aux programmes et manuels du secteur public, dans le respect des « constantes nationales ». Une orientation qui soulève déjà des interrogations sur la marge d’innovation pédagogique laissée au privé et sur la capacité réelle de l’administration à assurer un contrôle effectif et continu.
Au-delà du secteur privé, la réunion gouvernementale a abordé la feuille de route 2026-2028 pour la formation et l’enseignement professionnels. Présenté comme un levier stratégique de développement, ce plan ambitionne d’améliorer l’employabilité des diplômés et d’adapter l’offre de formation aux besoins du marché.
L’objectif affiché est de rapprocher la formation professionnelle des mutations économiques et technologiques. Toutefois, ces annonces interviennent dans un contexte de chômage structurel élevé chez les jeunes diplômés, ce qui pose la question de l’efficacité des précédentes réformes et de la cohérence entre formation et tissu productif national.
L’Exécutif a également fait le point sur les préparatifs du Hadj 1447 de l’Hégire, mettant en avant la numérisation des procédures via un portail dédié et le paiement électronique des frais. Si ces mesures traduisent une volonté de modernisation administrative, elles restent tributaires de la coordination entre ministères et de la fiabilité des infrastructures numériques.
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