Des exploitations avicoles et laitières du nord de la Tunisie font état de pertes considérables après de longues coupures d’électricité survenues pendant une vague de chaleur, perturbant la ventilation, l’approvisionnement en eau et la conservation de la production.
Du fait des longues coupures d’électricité en Tunisie, une ferme avicole située à El-Fahs, à environ 60 kilomètres de Tunis, affirme avoir perdu près de 90% de son cheptel, soit entre 150 000 et 200 000 poulets. Des centaines de carcasses ont dû être rassemblées à l’aide d’une pelleteuse avant d’être enfouies dans une fosse.
«Nous disposons d’un générateur de secours conçu pour fonctionner pendant deux à trois heures. La coupure a duré longtemps, le générateur a surchauffé et a cessé de fonctionner. La catastrophe s’est produite», a expliqué Hamza Bouchrit, vétérinaire de l’élevage.
Privées de ventilation et d’un approvisionnement régulier en eau dans un contexte de températures élevées, les volailles ont péri en masse. L’exploitation restait toujours à l’arrêt après l’incident, tandis que les employés poursuivaient le ramassage des animaux morts.
Selon le vétérinaire, les pertes représenteraient entre 400 et 500 tonnes de viande et dépasseraient 1,4 million de dinars tunisiens, soit environ 445 000 euros.
«L’odeur des poulets morts est insupportable. C’est une perte énorme», a-t-il déclaré.
Le secteur laitier a également été touché. Aziz Bouhejba, producteur âgé de 62 ans, affirme avoir dû jeter l’équivalent de six jours de traite, soit environ 1 200 litres de lait, faute de conditions permettant de le conserver. «Ce sont des pertes sèches dont nous avons beaucoup de mal à nous remettre», a-t-il témoigné.
Les coupures, parfois prolongées pendant plusieurs heures et intervenant à des moments jugés imprévisibles par les producteurs, semblent toutefois avoir diminué depuis le week-end. Les exploitants concernés redoutent néanmoins des conséquences durables sur leur trésorerie et la reprise de leur activité.
La compagnie nationale tunisienne d’électricité a expliqué que ces délestages étaient nécessaires pour éviter une «panne générale» du réseau pendant la vague de chaleur, marquée par une forte augmentation de la consommation énergétique. Cette justification peine cependant à rassurer les agriculteurs, qui réclament davantage de prévisibilité et des mesures destinées à protéger les activités particulièrement dépendantes d’un approvisionnement électrique continu.
MK/AK/Sf/APA








