Le rapport préliminaire du procureur turc établit que l’avion Falcon 50 transportant le défunt chef d’état-major libyen, le maréchal Mohammed al-Haddad, a percuté une crête montagneuse avant de s’écraser, alors qu’il volait à grande vitesse et que ses moteurs étaient toujours en marche. Les conclusions ont été rendues publiques par le parquet d’Ankara, chargé de l’enquête sur l’accident survenu près de la capitale turque.
Selon ce document, établi par l’équipe d’enquête sur les accidents d’aviation du parquet, l’appareil de type Dassault Falcon 50, immatriculé « 9H-DFS », a heurté une crête rocheuse à une altitude de 1 252 mètres. La collision est intervenue après une phase de descente engagée en vue d’un atterrissage d’urgence, à la suite d’une panne électrique signalée par l’équipage.
Le rapport précise que l’avion avait subi sa dernière opération de maintenance entre le 1er et le 9 décembre, soit moins de quinze jours avant le drame. À l’issue de ces travaux, un certificat de navigabilité autorisant la reprise des vols avait été délivré par la compagnie exploitante, indique l’agence Anadolu, citant les autorités judiciaires turques.
Sur le détail du déroulement du vol, l’appareil a décollé de l’aéroport d’Esenboğa à 20h17, heure locale. Seize minutes plus tard, à 20h33, l’équipage a contacté le contrôle aérien pour signaler une urgence liée à une panne électrique et demander un atterrissage immédiat. L’avion a alors entamé une descente à plus basse altitude, avant de disparaître des écrans radar à 20h36. Toute communication a ensuite été rompue.
L’impact contre la crête montagneuse a été d’une extrême violence, souligne le rapport. La nature rocheuse du relief n’a pas permis d’absorber l’énergie cinétique de l’appareil, provoquant une explosion et la dispersion de débris sur une superficie estimée à environ 150 000 mètres carrés. Les enquêteurs notent qu’un éclair a été observé immédiatement après le crash, suivi de l’extinction de l’appareil, sans qu’aucun incendie prolongé ne se soit déclare.
Le 23 décembre, le Falcon 50 s’est écrasé près d’Ankara, causant la mort du pilote, de quatre passagers, dont le maréchal al-Haddad, ainsi que des trois membres d’équipage. Les autorités turques ont ouvert une enquête judiciaire, tandis que le gouvernement d’union nationale libyen a dépêché des équipes techniques et sécuritaires en Turquie pour participer aux investigations.
Le rapport préliminaire se limite à l’analyse factuelle et technique des circonstances de l’accident. Un rapport final complet est attendu, après l’exploitation des données de la boîte noire, dont l’envoi à Londres a été décidé afin de décoder les paramètres de vol et les enregistrements des conversations du cockpit.
MK/AK/Sf/APA





