Le secrétaire d’État américain justifie un projet pilote imposant un dépôt aux visiteurs de certains pays et assume la révocation de visas étudiants jugés contraires aux intérêts des États-Unis, tout en réaffirmant l’engagement de Washington pour la paix et la protection des chrétiens au Nigéria.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a justifié, le 7 août 2025 à Washington, une série de mesures controversées en matière d’immigration et de politique étrangère, lors d’un entretien avec la chaîne catholique EWTN.
Il a expliqué que son département lançait un projet pilote imposant un dépôt de 10 000 dollars pour les adultes et 5 000 dollars pour les enfants à certains voyageurs étrangers venant aux États-Unis. Cette mesure ne concerne que les pays où les taux de dépassement de durée de séjour de visa sont élevés. Selon lui, le phénomène est courant : des visiteurs restent illégalement dans le pays après l’expiration de leur visa, contribuant à ce qu’« à un moment donné, plus de la moitié des personnes en situation irrégulière » soient issues de ces dépassements. Le dépôt, récupérable en cas de départ dans les délais, vise à « réduire le nombre de dépassements » par un mécanisme incitatif et de vérification par un tiers.
Interrogé sur la possibilité de révoquer des visas étudiants pour des propos jugés contraires aux intérêts stratégiques des États-Unis, Rubio a affirmé que cette pratique était légale et déjà appliquée, en citant l’Immigration and Nationality Act. « Un visa étudiant n’est pas un droit constitutionnel », a-t-il déclaré, rejetant les accusations de violation du Premier amendement formulées par le journal de l’université Stanford et un groupe de défense de la liberté d’expression. Il a justifié la révocation de visas par l’impact des propos tenus sur la politique étrangère américaine, précisant qu’un visa pouvait être refusé ou annulé si certaines informations étaient connues avant ou après sa délivrance.
Sur la scène internationale, le secrétaire d’État a réaffirmé l’engagement de Washington à lutter contre les violences ciblant les communautés chrétiennes, en particulier au Nigeria, où « des éléments jihadistes islamistes » visent délibérément ces populations. Il a indiqué vouloir travailler « en étroite collaboration avec les autorités nigérianes » pour que la protection de ces communautés devienne une priorité.
Rubio a également évoqué les initiatives diplomatiques récentes du président américain, se présentant comme « le président de la paix ». Il a cité l’implication de Washington dans la résolution de conflits : médiation entre l’Inde et le Pakistan, apaisement des tensions entre le Cambodge et la Thaïlande, avancées vers un accord de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, et facilitation d’un accord entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, mettant fin à un conflit de trois décennies ayant coûté la vie à environ sept millions de personnes.
AC/Sf/APA







