Les Nations Unies et l’Union africaine (UA) veulent renforcer leur front commun face aux crises sécuritaires en Afrique, en privilégiant une action plus rapide sur le terrain et une meilleure coordination de leurs initiatives de paix, notamment en Somalie, au Soudan et en République démocratique du Congo (RDC).
Le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU auprès de l’UA, Parfait Onanga-Anyanga, et le commissaire de l’UA aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, Bankole Adeoye, ont défendu l’approche d’un front commun face aux crises, mardi devant le Conseil de sécurité de l’ONU à New York.
Pour les deux responsables, l’efficacité du partenariat entre les deux organisations doit désormais être mesurée à son impact sur les populations confrontées aux conflits et à l’insécurité.
M. Onanga-Anyanga a estimé que la multiplication et la complexité des crises imposent « un partenariat plus fort », capable d’anticiper les conflits, de s’attaquer à leurs causes et de traduire les engagements communs en actions « rapides, prévisibles et responsables ».
La Somalie constitue l’un des principaux terrains de cette coopération. La Mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM) assure des responsabilités sécuritaires, avec l’appui du Bureau de soutien de l’ONU en Somalie (UNSOS), qui fournit notamment des moyens logistiques, médicaux et aériens.
Les deux organisations accompagnent également le transfert progressif des responsabilités sécuritaires aux autorités somaliennes.
Cette transition constitue un enjeu majeur alors que le soutien des Nations Unies doit prendre fin après 2026. L’Union africaine préconise une transition ordonnée et progressive, afin que les forces somaliennes puissent reprendre les zones concernées à mesure qu’elles sont en capacité de les sécuriser.
L’ONU et l’UA souhaitent également renforcer la Force africaine en attente et avancer dans la mise en œuvre de la résolution 2719 du Conseil de sécurité, adoptée en 2023, qui établit un cadre pour le financement des opérations de soutien à la paix conduites par l’UA et autorisées par l’ONU.
Un exercice conjoint de simulation est prévu pour tester les modalités d’une future opération dirigée par l’UA, préciser les responsabilités de chaque organisation et identifier les éventuelles lacunes.
« Le cadre est prêt à être utilisé », a déclaré Bankole Adeoye, appelant le Conseil de sécurité à examiner les conditions d’une première application de la résolution.
Au Soudan, l’ONU et l’UA poursuivent leurs efforts en faveur d’un règlement politique, tandis qu’en RDC, les initiatives de Washington, de Doha et de l’UA sont présentées comme largement alignées, avec un suivi du cessez-le-feu assuré notamment par la MONUSCO.
Dans la Corne de l’Afrique et au Soudan du Sud, les deux organisations renforcent également leurs efforts de diplomatie préventive.
Cette coopération englobe enfin la participation des femmes et des jeunes aux processus de paix, notamment dans le cadre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.
Le 11e séminaire conjoint informel et la 20e réunion consultative annuelle entre les deux Conseils de sécurité et de paix sont prévus les 22 et 23 octobre à New York, avec pour objectif de renforcer l’alignement et l’action commune face aux crises africaines.
TE/Sf/APA





