Le Nigéria a convoqué la diplomatie sud-africaine pour exiger des éclaircissements et des enquêtes après la mort de deux de ses ressortissants en garde à vue en Afrique du Sud, sur fond de tensions liées à des violences xénophobes.
Le Nigéria a convoqué lundi la haut-commissaire par intérim d’Afrique du Sud à Abuja pour exprimer sa vive préoccupation après la mort de deux ressortissants nigérians survenue en avril dans des conditions impliquant, selon Abuja, des agents des forces de l’ordre sud-africaines, dans un contexte de tensions liées à des violences xénophobes.
Le secrétaire permanent du ministère nigérian des Affaires étrangères, l’ambassadeur Dunoma Umar Ahmed, a reçu la diplomate sud-africaine, Lesoli Machele, afin de transmettre la position officielle du Nigéria face aux appels à l’expulsion d’étrangers, notamment africains, observés dans plusieurs localités en Afrique du Sud.
Abuja confirme les informations de ses représentations diplomatiques à Prétoria et Johannesburg faisant état du décès de Nnaemeka Matthew Andrew Ekpeyong, mort le 21 avril alors qu’il était en garde à vue au sein de la police métropolitaine de Tshwane, et de Kelvin Chidiebere Amaramiro, décédé le 25 avril à l’hôpital Livingstone dans le Cap-Oriental, à la suite d’agressions présumées par des agents des forces de l’ordre. Le Nigéria réclame des enquêtes « approfondies, transparentes et impartiales », ainsi que l’accès des familles aux procédures et la communication des résultats d’autopsie.
Tout en prenant note des condamnations exprimées par les autorités sud-africaines contre les violences visant les étrangers, le gouvernement nigérian appelle Prétoria à traduire ces engagements en mesures concrètes et à renforcer la prévention contre les discours incitant à la haine.
Les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont échangé par téléphone et convenu de travailler conjointement à une réponse durable à cette crise récurrente.
De son côté, la représentante sud-africaine a assuré que les préoccupations nigérianes seraient transmises à Pretoria, réaffirmant que les actes xénophobes ne bénéficient d’aucun soutien officiel et que des dispositions seraient prises pour préserver les relations bilatérales.
Dans ce contexte, les autorités nigérianes ont également appelé leurs ressortissants à la retenue et à éviter toute réaction de représailles, affirmant suivre le dossier au plus haut niveau.
AC/Sf/APA






