Les frappes militaires menées samedi par les États-Unis et Israël contre l’Iran et les représailles de Téhéran suscitent l’inquiétude de l’Union africaine et du Nigéria, qui appellent à la retenue, au dialogue et à la protection des ressortissants.
Le gouvernement fédéral du Nigéria a lancé samedi un appel à la désescalade et à la négociation dans l’intérêt de la paix et de la coexistence mondiales.
Dans un communiqué parvenu à APA, le ministère des Affaires étrangères recommande aux Nigérians présents en Iran et dans les pays voisins du Golfe de maintenir une vigilance accrue, d’éviter les zones stratégiques ou militaires et de limiter les déplacements non essentiels.
Les ambassades nigérianes à Téhéran et dans les pays du Golfe — Qatar, Bahreïn, Koweït, Émirats arabes unis et Arabie saoudite — sont placées en état d’alerte maximale pour assister les ressortissants en détresse.
Samedi matin, les États-Unis et Israël ont annoncé des frappes sur l’Iran, où des explosions ont été signalées dans plusieurs villes. Selon le président américain Donald Trump, l’objectif est d’« éliminer des menaces imminentes », ajoutant : « L’heure de votre liberté est à portée de main ».
Le ministère de la Défense israélien a parlé d’une « frappe préventive » destinée à neutraliser les menaces pesant sur l’État d’Israël, dans un contexte de fortes tensions autour du programme nucléaire et balistique iranien.
Selon les médias israéliens, l’ayatollah Ali Khamenei et le président Massoud Pezeshkian figuraient parmi les cibles visées. L’agence officielle Irna a toutefois rapporté que le président Pezeshkian est sain et sauf, information confirmée par les agences Mehr et Isna.
En riposte, l’Iran a lancé des missiles et drones vers Israël, déclenchant sirènes et activation des systèmes de défense dans plusieurs régions.
Cette crise intervient après la guerre de douze jours entre Israël et l’Iran en juin 2025, lors de laquelle Israël avait frappé le commandement militaire iranien, des lanceurs de missiles et des sites nucléaires, avec le soutien des États-Unis sur trois installations nucléaires.
Réaction de l’Union africaine et de la communauté internationale
La Commission de l’Union africaine (UA) a exprimé sa préoccupation et a appelé à une désescalade immédiate, au respect du droit international et à la Charte des Nations Unies. L’organisation alerte sur les impacts sur l’énergie, la sécurité alimentaire et l’économie, notamment en Afrique, et recommande la médiation internationale, facilitée par le Sultanat d’Oman.
L’Union européenne a également réagi, insistant sur la protection des civils et le respect du droit international humanitaire. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a estimé que les programmes de missiles et nucléaires iraniens « représentent une grave menace pour la sécurité mondiale ». Elle a précisé que le personnel non essentiel de l’UE est retiré et que le réseau consulaire est mobilisé pour assister les citoyens européens.
Appel à la diplomatie
Le Nigéria et l’Union africaine appellent l’ensemble des acteurs à privilégier la voie diplomatique pour éviter une escalade régionale et limiter les impacts sur la stabilité et l’économie mondiales.
AC/Sf/APA







