Le retour des Bafana Bafana à la Coupe du monde de la FIFA 2026 intervient dans un climat particulièrement sensible. Depuis plusieurs mois, l’Afrique du Sud fait face à une nouvelle vague de critiques sur le continent en raison des violences xénophobes visant des ressortissants étrangers.
À l’approche de leur premier match contre le Mexique, jeudi à Mexico, une interrogation s’impose : l’équipe sud-africaine pourra-t-elle encore compter sur le soutien traditionnel des supporters africains ou les tensions liées aux attaques contre les migrants pèseront-elles sur son parcours mondial ?
Dans plusieurs pays du continent, des passionnés de football reconnaissent éprouver des difficultés à soutenir la sélection sud-africaine alors que des ressortissants africains continuent de faire l’objet d’intimidations, d’agressions et de déplacements forcés dans certaines régions du pays.
Les violences récentes ont notamment touché des citoyens du Mozambique, du Zimbabwe, du Malawi, du Ghana et du Nigeria. À Mossel Bay, au moins cinq Mozambicains ont été tués lors d’attaques récentes, tandis que des centaines d’autres ont dû abandonner leurs habitations. Face à la situation, le Kenya, le Mozambique et plusieurs autres pays ont émis des avis de sécurité à destination de leurs ressortissants.
Ces incidents s’inscrivent dans une problématique récurrente. Depuis les émeutes xénophobes de 2008, qui avaient causé plus de 60 morts et déplacé près de 100 000 personnes, l’Afrique du Sud connaît régulièrement des flambées de violences similaires. Les épisodes survenus en 2015, 2019 et au début des années 2020 ont renforcé le sentiment d’insécurité ressenti par de nombreux migrants africains.
Selon plusieurs organisations de défense des droits humains, les agressions, pillages de commerces appartenant à des étrangers et expulsions forcées observés ces derniers mois témoignent d’une aggravation des tensions sociales dans certains quartiers informels et zones minières.
C’est dans ce contexte que les Bafana Bafana retrouvent la scène mondiale.
Traditionnellement, la sélection sud-africaine bénéficie d’un fort capital de sympathie à travers le continent lors des grandes compétitions internationales. De Lagos à Lusaka, en passant par Harare, de nombreux supporters ont souvent adopté les couleurs sud-africaines lorsque leur propre équipe nationale n’était pas qualifiée.
Cette année, toutefois, certains affirment qu’ils soutiendront plutôt le Mexique. Sur les réseaux sociaux, dans les émissions de radio et sur les forums sportifs, plusieurs observateurs estiment que la solidarité footballistique ne peut être dissociée de la situation vécue par les ressortissants africains installés en Afrique du Sud.
Si cette réalité échappe largement aux joueurs sud-africains, son impact sur l’image de l’équipe reste difficile à ignorer. Les performances des Bafana Bafana, tout comme l’accueil qui leur sera réservé durant la compétition, seront observées à travers ce prisme.
La Coupe du monde 2026 pourrait ainsi révéler si le football est capable de transcender les tensions actuelles ou si celles-ci continueront d’influencer la perception de l’Afrique du Sud à travers le continent.
JN/lb/te/APA






