Le Premier ministre libyen appelle à un engagement accru de ses partenaires autour de la Méditerranée, lors d’une visite à Rome centrée sur migration et énergie.
Le chef du Gouvernement d’union nationale libyen, Abdul Hamid Dbeibeh, a déclaré le 7 mai à Rome que la Libye «supporte un lourd fardeau migratoire pour le compte de la région», à l’issue d’une rencontre avec la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni, selon le service de presse du gouvernement libyen.
Cette visite officielle a permis d’aborder plusieurs dossiers bilatéraux, notamment la gestion des flux migratoires, la coopération sécuritaire et les projets énergétiques.
La question migratoire a occupé une place centrale dans les discussions, dans un contexte où la Libye reste un point de transit majeur vers l’Europe. Dbeibeh a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités libyennes en matière de surveillance des frontières et de lutte contre les réseaux de traite, appelant à une coordination opérationnelle accrue. Le mécanisme quadrilatéral associant la Libye, l’Italie, la Turquie et le Qatar a également été évoqué comme cadre de coopération pour contenir l’immigration irrégulière.
Cette position met en évidence une relation marquée par une externalisation partielle du contrôle migratoire vers les pays de transit. Tripoli souligne un déséquilibre persistant entre les responsabilités assumées sur le terrain et le niveau de soutien international effectivement mobilisé. Les discussions ont ainsi porté sur les mécanismes de retour volontaire et d’expulsion, avec un accent sur la nécessité de concilier impératifs sécuritaires et considérations humanitaires.
En parallèle, les échanges ont intégré un volet judiciaire, portant sur le transfèrement de détenus libyens condamnés en Italie. Les deux parties ont insisté sur l’accélération de la mise en œuvre des accords existants, dans le respect des cadres juridiques en vigueur, illustrant une coopération bilatérale élargie au-delà des seuls enjeux migratoires.
La dimension énergétique constitue un autre pilier du partenariat. Les deux gouvernements ont souligné l’importance d’accélérer les projets gaziers et de renforcer la coordination stratégique, dans un contexte de recomposition des marchés énergétiques en Méditerranée. Cette convergence d’intérêts reflète la volonté de consolider un axe Rome-Tripoli articulé autour de la sécurité énergétique européenne et de la stabilisation régionale.
L’ensemble de ces discussions traduit une dynamique où les priorités européennes en matière de migration et d’énergie s’entrecroisent avec les attentes libyennes en termes de soutien et de reconnaissance. L’appel de Dbeibeh à un «partage des responsabilités» souligne les tensions persistantes autour d’un modèle de coopération dont l’équilibre reste contesté.
MK/AK/Sf/APA







