Le Maroc présentera en mai à Paris les inflexions de sa feuille de route gazière, marquée par une approche plus progressive et modulable du GNL.
La réorientation de la stratégie gazière du Royaume du Maroc sera au centre du forum « Invest in African Energy » (IAE), prévu les 11 et 12 mai à Paris, selon les organisateurs. Une session dédiée verra notamment la participation de la directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), Amina Benkhadra, afin d’exposer aux investisseurs les ajustements opérés par le pays, après la suspension en janvier 2026 des appels d’offres relatifs au terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) de Nador West Med.
Ce projet reposait sur une unité flottante de stockage et de regazéification (FSRU) d’une capacité annuelle d’environ cinq milliards de mètres cubes, soit un niveau largement supérieur à la consommation actuelle du pays, estimée à près d’un milliard de mètres cubes. L’infrastructure envisagée intégrait des équipements techniques avancés, incluant des systèmes de regazéification cryogénique, des installations de déchargement pour méthaniers et un réseau de gazoducs à haute pression destiné à relier plusieurs pôles industriels, de Nador à Mohammedia en passant par Kénitra.
Ce repositionnement s’inscrit dans un contexte international marqué par la volatilité des prix du GNL et un accès plus exigeant au financement des grands projets énergétiques. Des responsables indiquent que la décision de différer certains investissements répond à une logique de maîtrise des engagements, privilégiant une adaptation progressive aux besoins réels du marché.
Dans cette dynamique, la demande nationale en gaz naturel devrait progresser rapidement, tirée par la production électrique et les besoins industriels, notamment dans les secteurs des engrais et de la chimie. Les projections évoquent un niveau d’environ huit milliards de mètres cubes à l’horizon 2027, en cohérence avec les objectifs énergétiques du Royaume, qui vise une part de 52 % d’énergies renouvelables dans la capacité installée d’ici 2030.
Parallèlement, les autorités privilégient désormais des solutions techniques plus flexibles, en particulier les unités flottantes de type FSRU, permettant d’ajuster les capacités d’importation et de limiter les investissements initiaux. Ce modèle favorise une montée en charge progressive, en phase avec l’évolution de la demande, tout en intégrant des technologies de vaporisation adaptables et des configurations modulaires.
Des réformes structurelles sont également engagées pour améliorer l’attractivité du marché gazier. L’ouverture accrue aux investisseurs privés, l’introduction de mécanismes d’accès des tiers aux infrastructures et la mise en place de cadres contractuels adaptés figurent parmi les axes étudiés. Le Maroc s’appuie aussi sur des solutions transitoires, notamment les importations via les terminaux espagnols grâce à l’inversion du gazoduc Maghreb-Europe, afin d’assurer la continuité de l’approvisionnement.
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