L’ancien président malgache Andry Rajoelina a entamé une offensive diplomatique au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) afin de rallier des soutiens régionaux dans sa quête d’un retour au pouvoir, après avoir été évincé à la suite de ce que les dirigeants de la région qualifient de prise de pouvoir anticonstitutionnelle.
Au cours du week-end, l’ancien président Andy Rajoelina a rencontré le roi Mswati III en Eswatini, auquel il a exposé les circonstances ayant conduit à sa destitution. Le souverain eswatinien occupe également les fonctions de vice-président de l’Organe de la SADC sur la politique, la défense et la coopération en matière de sécurité.
Cette rencontre constitue l’initiative la plus visible à ce jour de l’ancien chef de l’État pour mobiliser un appui régional, après avoir quitté Madagascar en octobre 2025.
La chute de M. Rajoelina est intervenue à l’issue de plusieurs semaines de manifestations à Antananarivo, suivies de la prise de contrôle de la capitale par le CAPSAT, une unité militaire d’élite qui a favorisé des ralliements au sein des forces armées et s’est emparée des centres de pouvoir sans rencontrer de résistance significative.
Cette intervention a mis fin au mandat de Rajoelina moins de deux ans après sa victoire à l’élection présidentielle de décembre 2023, un scrutin que les observateurs internationaux avaient largement jugé libre et transparent.
Dans un communiqué transmis par la vice-Première ministre Thulisile Dladla, le roi Mswati III a exprimé sa « profonde préoccupation » face à ce changement de gouvernement conduit par l’armée, avertissant que ces événements portent atteinte à l’ordre constitutionnel et contreviennent aux normes de la SADC, de l’Union africaine et des Nations unies.
« Sa Majesté a offert au président Rajoelina cette opportunité afin qu’il puisse exposer la situation et permettre une prise de décision éclairée », indique le communiqué.
Mme Dladla a précisé que le souverain avait consulté l’Organe de la SADC ainsi que la présidence régionale avant de recevoir M. Rajoelina, conformément au protocole prévoyant qu’un dirigeant évincé de manière anticonstitutionnelle puisse présenter sa version des faits.
Le roi Mswati III a par ailleurs exhorté les forces de l’ordre malgaches à rétablir sans délai l’ordre constitutionnel.
Il a également fait référence à l’agenda international « Faire taire les armes », soulignant que la crise à Madagascar va à l’encontre des efforts continentaux visant à réduire l’instabilité politique et l’ingérence militaire dans la gouvernance.
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