Le ministre des Affaires étrangères désigné de Libye, Taher Al-Baour, a affirmé que Tripoli entend reconstruire une politique extérieure fondée sur la souveraineté et une stratégie de « zéro problème », dans un contexte marqué par les divisions internes et la quête de repositionnement régional.
Le chef de la diplomatie libyenne désigné, Taher Al-Baour, a déclaré que la politique étrangère de la Libye repose désormais sur la préservation de la souveraineté nationale, la protection des acquis de l’État et la sécurisation des frontières. Dans une interview accordée à la chaîne RT, il a souligné que son gouvernement s’emploie à restructurer les missions diplomatiques à l’étranger afin d’en « rehausser le professionnalisme », regrettant que des années de rivalités institutionnelles aient affaibli la présence internationale du pays.
Insistant sur la nécessité de restaurer un rôle actif de la Libye au sein de son environnement régional et international, Al-Baour a appelé à unifier l’orientation des représentations diplomatiques afin qu’elles servent « l’intérêt suprême de la nation », sans se laisser entraîner dans les clivages politiques internes. Selon lui, la Libye, située à la croisée de l’Afrique, du monde arabe et de la Méditerranée, demeure un « pont stratégique » dont la stabilité conditionne celle de plusieurs espaces géopolitiques.
Le ministre désigné a également défendu l’ambition d’une politique de « zéro problème » avec les pays voisins et l’ensemble des partenaires internationaux, en précisant que Tripoli ne nourrissait « aucune intention d’entrer en conflit avec qui que ce soit ».
S’agissant des relations avec Moscou, Al-Baour a qualifié celles-ci d’« excellentes » et a évoqué l’activation de plusieurs accords, notamment dans le domaine militaire, où la coopération russo-libyenne s’inscrit, selon lui, dans une longue tradition d’inspiration doctrinale et technique.
Interrogé sur la candidature libyenne aux BRICS, Al-Baour a reconnu l’intérêt de Tripoli pour ce groupement émergent, tout en indiquant que le pays devait encore satisfaire à plusieurs critères d’adhésion. Sur la question migratoire, il a réitéré que la Libye ne pouvait assumer seule la gestion des flux, plaidant pour une coordination accrue avec les pays d’origine et de destination. Il a exclu catégoriquement toute perspective de « réinstallation locale » de migrants, qualifiée de « ligne rouge ».
Évoquant enfin les rivalités régionales, le responsable libyen a estimé que « certains pays » poursuivaient des intérêts particuliers en Libye, rappelant qu’un État libyen stabilisé constituerait un facteur de sécurité pour l’ensemble de la région. Il a conclu en affirmant que le « véritable salut » du pays passe par la tenue d’élections crédibles sous l’égide du Gouvernement d’union nationale.
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