Le Comité de réorganisation du Sud, dépendant de l’Administration générale des opérations de sécurité du gouvernement libyen, a annoncé avoir mené une vaste opération dans un repaire utilisé comme cachette par des migrants en situation irrégulière. Cette descente, menée dans une zone sensible du sud du pays, s’inscrit dans le cadre des efforts des autorités pour contrer la criminalité et renforcer le contrôle sécuritaire dans une région souvent décrite comme un point névralgique de la contrebande et de l’immigration clandestine.
Les forces de sécurité affirment avoir découvert sur place plusieurs personnes de nationalités africaines, ainsi qu’un ensemble d’objets interdits. Le butin saisi comprend des pilules narcotiques, du haschisch, des quantités d’alcool et une arme blanche. Fait plus inhabituel, les agents ont également mis la main sur des talismans, des outils liés à des pratiques de sorcellerie et des « livres jaunes », considérés par les autorités comme des supports de magie.
Le Comité a souligné que ces éléments constituent des « phénomènes négatifs » qu’il souhaite éliminer, tout en insistant sur la nécessité de préserver la société de ce qu’il décrit comme des fléaux.
La région sud de la Libye, notamment autour de Sebha et des routes menant vers le Niger et le Tchad, est régulièrement pointée du doigt comme une zone de transit majeure pour les flux migratoires africains. Les passeurs et réseaux criminels y prospèrent, profitant de l’instabilité sécuritaire chronique depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Des rapports d’organisations internationales soulignent que la région est également un couloir pour le trafic de stupéfiants et d’armes, rendant le travail des forces de sécurité particulièrement complexe.
Dans son communiqué, le Comité de réorganisation du Sud a rappelé que cette opération n’était pas un cas isolé, mais faisait partie d’une série d’interventions sur le terrain destinées à traquer les réseaux de contrebande, les trafiquants et les repaires jugés dangereux. Les responsables sécuritaires affirment que ces campagnes se poursuivront dans les semaines à venir afin de réduire l’impact des flux illégaux et de consolider l’autorité de l’État dans une région où celle-ci reste fragile.
Malgré ces efforts, les analystes estiment que la situation demeure difficile à stabiliser, en raison de la porosité des frontières méridionales de la Libye, de la présence de milices armées et du manque de coordination institutionnelle entre les différentes autorités concurrentes du pays.
MK/Sf/APA







