À travers un discours aux accents panafricanistes prononcé lors d’un salon sectoriel au Tchad, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a réitéré son appel à une coopération Sud-Sud « concrète et ciblée », un message récurrent qui peine toutefois à se traduire en engagements économiques précis.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé l’orientation africaine de la diplomatie économique de l’Algérie, appelant à un renforcement de la coopération continentale dans les secteurs stratégiques, lors d’une allocution prononcée en son nom au Salon international des mines, des carrières et des hydrocarbures (Semica Tchad 2026). Le discours a été lu par le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, en l’absence du chef de l’État.
Dans cette allocution, Abdelmadjid Tebboune a insisté sur la volonté de l’Algérie de « contribuer concrètement au développement économique du continent africain » et de soutenir la dynamique des relations bilatérales avec le Tchad. Il a notamment rappelé la participation tchadienne à la Foire commerciale intra-africaine (IATF), organisée à Alger en septembre 2025, présentée comme une « étape importante » du dialogue politique et économique entre les deux pays.
Le président algérien a affirmé que la coopération algéro-tchadienne pouvait connaître « un nouvel élan » à travers des projets mutuellement bénéfiques, mettant en avant l’expertise de l’Algérie dans les hydrocarbures, les mines et les énergies renouvelables. Il a également réitéré l’engagement d’Alger en faveur de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et des objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
Dans un registre désormais bien rodé, Abdelmadjid Tebboune a proposé à son homologue tchadien « une coopération concrète et ciblée pour obtenir des résultats économiques tangibles », dans le cadre du partenariat Sud-Sud. Il a appelé à faire du Semica Tchad 2026 un événement à vocation régionale, capable de stimuler les échanges, le transfert de technologies et la structuration des chaînes de valeur africaines dans les secteurs extractifs.
Toutefois, au-delà de l’énoncé d’intentions et de principes généraux – respect de la souveraineté des États, création de valeur locale, industrialisation et valorisation des ressources naturelles –, le discours présidentiel n’a été accompagné d’aucune annonce chiffrée, d’accord signé ou de calendrier précis. Les mécanismes concrets de financement, de mise en œuvre ou de gouvernance des partenariats évoqués n’ont pas été détaillés.
Cette absence de contenu opérationnel alimente les interrogations sur l’efficacité réelle de la stratégie africaine d’Alger, souvent marquée par un discours volontariste contrastant avec la modestie des échanges économiques intra-africains de l’Algérie et la lenteur de la concrétisation des projets annoncés. Si le président Tebboune souligne régulièrement la nécessité pour l’Afrique de « compter sur elle-même », les observateurs relèvent que la diplomatie économique algérienne peine encore à transformer cette ambition en résultats mesurables.
En misant sur les forums et salons continentaux comme leviers de développement, Alger s’inscrit dans une dynamique politique conforme aux orientations africaines, mais reste attendue sur sa capacité à passer d’une rhétorique de coopération à une action économique structurante et durable.
MK/AK/Sf/APA







