Le nouveau président de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah a présenté, ce jeudi 5 février 2026 à Abidjan, sa nouvelle architecture financière pour l’Afrique, lors d’un déjeuner annuel des ambassadeurs.
Cinq mois après sa prise de fonction, comme président de la BAD, Sidi Ould Tah passe à l’offensive. Devant le corps diplomatique réuni à Abidjan, le successeur d’Akinwumi Adesina a exposé sa vision stratégique pour répondre au défi colossal du financement du développement africain, estimé à plus de 400 milliards de dollars par an.
Face à un environnement international instable et « difficile », le président de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, entend restructurer l’approche financière du continent via quatre axes prioritaires :
Le premier point cardinal est relatif à la mobilisation à grande échelle des ressources pour le financement du développement du continent africain. Il envisage de mobiliser massivement des fonds, tisser des partenariats avec le secteur privé et capter l’épargne africaine.
Le second point focal est la nouvelle architecture financière. Pour lui, il faut réorienter les actifs des fonds souverains et de pension africains (estimés à 1 trillion de dollars) vers le développement plutôt que vers les placements passifs.
Il a souligné que les actifs sous gestion des fonds souverains et des fonds de pension « ne sont pas orientés vers le financement du développement, mais plutôt investis dans les bons du trésor et dans les actifs immobiliers. Il s’agit de les réorienter dans le financement du développement. »
Concernant le troisième point cardinal, portant sur l’emploi et les PME, le président de la BAD veut œuvrer avec les dirigeants à l’effet de formaliser le secteur informel et de transformer le système éducatif pour créer des millions d’emplois pour la jeunesse.
Pour le quatrième point cardinal, portant sur les partenariats Public-Privé, Sidi Ould Tah veut consolider une approche « gagnant-gagnant » avec les institutions financières. L’innovation majeure réside dans la coordination des acteurs locaux.
Dans cette architecture financière, la BAD souhaite agir en « chef d’orchestre » d’un écosystème intégrant banques régionales, fonds de garantie et caisses de retraite. Il a fait observer que leurs « ressources ne sont pas orientées vers le financement du développement, mais plutôt investis dans les bons du trésor et dans les actifs immobiliers. »
La nouvelle architecture financière, dira-t-il, est censée permettre « plus de synergies et de coordinations et une amélioration de l’efficacité des différentes institutions dans un esprit de subsidiarité ». Elle se veut à trois niveaux : continental, régional et national.
« Ensemble, nous pourrions mobiliser des ressources conséquentes pour contribuer au financement du développement de l’Afrique ; et c’est dans cet esprit qu’au cours des derniers mois la BAD a organisé des consultations avec tous ces acteurs et nous attendons rencontrer les banques centrales », a-t-il fait savoir.
Le président de la BAD a également salué le succès de la 17e reconstitution du Fonds africain de développement (FAD), qualifiée d’historique, avec la contribution déjà annoncée de 24 pays membres régionaux.
La cheffe de la diplomatie ivoirienne, Kaba Nialé, a salué la pertinence d’une telle vision dans un contexte où l’accès au capital mondial se durcit. De son côté, le Nonce apostolique, Mgr Mauricio Rueda Beltz, a félicité un leadership capable d’exploiter le « boom démographique » africain comme un levier de croissance.
AP/Sf/APA







