Les ministres africains de l’Agriculture ont réaffirmé, à Meknès, leur volonté de faire de l’adaptation agricole un axe central de souveraineté alimentaire, à l’occasion des dix ans de l’Initiative AAA.
Réunis le 22 avril 2026 en marge du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), les représentants de treize pays africains, dont dix ministres, ont pris part à la sixième Conférence ministérielle de l’Initiative pour l’adaptation de l’agriculture africaine (AAA), présidée par le ministre marocain, Ahmed El Bouari. Selon les organisateurs, cette rencontre s’inscrit dans un contexte marqué par l’intensification des effets du changement climatique sur les systèmes agricoles du continent.
La participation de la princesse saoudienne Sarah Bint Bandar Bin Abdulaziz, directrice exécutive du Conseil international des dattes, a donné une dimension diplomatique supplémentaire à cette édition. Les discussions ont porté sur la nécessité d’inscrire l’adaptation agricole dans des politiques publiques structurantes, au-delà d’approches limitées à des interventions ponctuelles.
Les ministres ont souligné que la sécurité alimentaire et la stabilité économique du continent dépendent désormais directement de la capacité à renforcer la résilience des systèmes agricoles.
Ce positionnement s’appuie sur un constat chiffré partagé lors des travaux : les besoins d’adaptation en Afrique sont estimés à 61 milliards de dollars par an, soit environ 56 milliards d’euros, alors que les financements mobilisés restent nettement inférieurs, selon les données évoquées par les participants.
Ce décalage continue de freiner la mise en œuvre de solutions à grande échelle, malgré les avancées techniques et les initiatives de coopération enregistrées au cours de la dernière décennie.
Dans cette perspective, les participants ont soutenu l’élaboration d’un document stratégique intitulé «10 ans de l’Initiative AAA : Bilan et Vision 2036», piloté par la Fondation AAA en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Ce document vise à servir de cadre de référence pour les politiques agricoles climato-résilientes et à définir une feuille de route opérationnelle pour la période 2026-2036, en articulation avec les agendas continentaux et internationaux.
Prolongeant les engagements antérieurs, les ministres ont adopté la Déclaration de Meknès, qui consacre l’adaptation agricole comme priorité stratégique à l’échelle africaine. Ils ont également salué le rôle du Maroc dans la coordination politique de l’initiative et dans la promotion de la coopération Sud-Sud en matière agricole.
Cette dynamique doit alimenter la préparation d’une position africaine commune en amont des prochaines échéances internationales, notamment la réunion prévue à Rome en septembre 2026 et la COP31 programmée en novembre à Antalya.
MK/AK/Sf/APA







