Le gouvernement ghanéen a entamé, dimanche 26 juillet, la deuxième phase du rapatriement de ses ressortissants ayant fui les violences xénophobes en Afrique du Sud, avec 180 personnes déjà arrivées à Accra, a-t-on appris de source officielle.
Après le rapatriement de 180 personnes, trente-six autres Ghanéens sont attendus mardi 28 juillet à Accra, portant à 216 le nombre de ressortissants rapatriés dans le cadre de cette deuxième phase, sur quelque 1 000 personnes qui s’étaient volontairement inscrites pour bénéficier de l’assistance du gouvernement afin de rentrer au pays.
Cette opération intervient après une première phase menée en mai et juin 2026, au cours de laquelle 926 Ghanéens avaient été évacués d’Afrique du Sud à bord de vols spécialement affrétés par les autorités.
À leur arrivée à Accra, les rapatriés ont été accueillis par le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, qui leur a transmis les salutations du président John Dramani Mahama et réaffirmé l’engagement du gouvernement à garantir la sécurité, la dignité et le bien-être des ressortissants ghanéens vivant à l’étranger.
« Aucun Ghanéen ne sera abandonné dans les moments de détresse », a notamment assuré le ministre, soulignant que l’État entend accompagner les rapatriés dans leur retour à la vie sociale et économique au Ghana.
Ablakwa a également observé une minute de silence en mémoire de deux Ghanéens décédés lors des violences xénophobes en Afrique du Sud. Il a réitéré les appels du gouvernement à la justice et indiqué que les autorités ghanéennes continueraient de travailler avec leurs homologues sud-africaines afin que les circonstances de ces décès fassent l’objet d’enquêtes approfondies et que les responsables soient poursuivis.
Soutien à la réintégration
Le gouvernement ghanéen prévoit de reconduire les mesures d’accompagnement mises en œuvre lors de la première phase, notamment les aides au transport et à la réintégration.
Selon le ministre des Affaires étrangères, des discussions sont en cours avec les institutions publiques et le secteur privé afin de faciliter l’accès des rapatriés à des emplois et à des activités génératrices de revenus.
Les autorités souhaitent ainsi éviter que le retour au pays ne se limite à une simple opération d’évacuation et mettre en place des mécanismes permettant aux personnes concernées de reconstruire durablement leur vie au Ghana.
Le gouvernement entend également engager les procédures juridiques nécessaires pour défendre les intérêts des ressortissants qui ont perdu des biens, des commerces ou d’autres investissements lors des violences en Afrique du Sud.
L’Église de Pentecôte saluée
Le ministre a par ailleurs salué le rôle joué par l’Église de Pentecôte à Prétoria et Johannesburg, qui a hébergé plusieurs Ghanéens ayant fui leurs domiciles dans l’attente de leur évacuation.
Il a qualifié cette assistance de « remarquable démonstration de compassion et de solidarité » à l’égard des ressortissants ghanéens confrontés aux violences.
Les autorités ont également félicité les rapatriés pour leur comportement durant leur séjour en Afrique du Sud. Selon M. Ablakwa, ceux-ci ont satisfait aux contrôles de sécurité exigés par les autorités sud-africaines avant leur départ.
Le ministre a estimé que leur attitude contribuait à préserver l’image du Ghana et témoignait du respect des lois du pays d’accueil par ses ressortissants.
De son côté, le directeur général adjoint de l’Organisation nationale de gestion des catastrophes (NADMO), chargé des moyens de subsistance et de l’autonomisation des communautés, Albert Akuka Alalzuuga, a assuré que son institution travaillerait avec les différentes parties prenantes pour accompagner les rapatriés dans leur réinstallation.
La NADMO entend notamment faciliter leur réintégration au sein de leurs familles et communautés et les aider à retrouver des moyens de subsistance.
Les évacués ont, pour leur part, remercié le gouvernement ghanéen pour avoir organisé leur retour en toute sécurité et exprimé leur volonté de contribuer au développement national.
Avec cette deuxième phase, les autorités ghanéennes poursuivent ainsi leur dispositif de protection des ressortissants confrontés aux violences en Afrique du Sud, tout en privilégiant leur réintégration économique et sociale au Ghana.
TE/Sf/APA







