Les présidents égyptien et turc ont affiché au Caire leur volonté de renforcer la coopération politique et économique, avec un objectif chiffré de hausse des échanges commerciaux et une coordination accrue sur les grands dossiers régionaux.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et son homologue turc Recep Tayyip Erdoğan ont réaffirmé, mercredi au Caire, leur volonté de donner un nouvel élan aux relations bilatérales entre l’Égypte et la Turquie, à l’issue d’un entretien consacré à la coopération politique, économique et régionale.
Arrivé la veille dans la capitale égyptienne, Recep Tayyip Erdoğan effectuait sa troisième visite en Égypte en moins de deux ans. Les deux chefs d’État ont coprésidé la deuxième réunion du Conseil de coopération stratégique de haut niveau Égypte-Turquie et participé à la séance de clôture du Forum d’affaires égypto-turc, marquant une nouvelle étape du rapprochement engagé depuis la normalisation progressive des relations entre les deux pays.
À l’issue des entretiens, Abdel Fattah al-Sissi a indiqué que les discussions avaient confirmé « l’entente entre les deux pays pour poursuivre les consultations régulières » et pour tenir la prochaine réunion du Conseil de coopération stratégique à Ankara en 2028. Les deux dirigeants ont affiché une ambition commune de consolidation du partenariat économique, en particulier dans les domaines du commerce, de l’investissement et du tourisme.
Al-Sissi et Erdoğan ont annoncé leur objectif de porter le volume des échanges commerciaux bilatéraux à 15 milliards de dollars d’ici 2028, contre environ 8 milliards de dollars actuellement. Les deux dirigeants ont souligné que l’Égypte constitue le premier partenaire commercial de la Turquie sur le continent africain. Le président turc a déclaré vouloir « instituer un modèle économique turco-égyptien capable de faire face aux crises mondiales », précisant que les investissements turcs en Égypte avoisinent 4 milliards de dollars et que les flux touristiques entre les deux pays avaient atteint 500 000 visiteurs l’an dernier, avec l’ambition de les accroître.
Les deux chefs d’État ont également assisté à la signature de plusieurs accords de coopération couvrant les domaines politique, militaire et économique, sans en détailler le contenu immédiat.
Sur les dossiers régionaux, les positions ont été largement convergentes. Concernant Gaza, Abdel Fattah al-Sissi a insisté sur la mise en œuvre intégrale de l’accord de paix porté par le président américain Donald Trump, appelant à garantir l’acheminement de l’aide humanitaire, à prévenir toute escalade et à consacrer la solution à deux États conformément aux résolutions internationales. Recep Tayyip Erdoğan a, pour sa part, dénoncé toute tentative visant à torpiller cet accord et affirmé la disposition de la Turquie, aux côtés de l’Égypte, à contribuer à la reconstruction de Gaza.
S’agissant de la Libye, le président égyptien a réaffirmé le soutien du Caire à la voie onusienne et à une solution « libyo-libyenne », appelant à la fin de la division du pouvoir exécutif et au départ des combattants étrangers. Erdoğan a déclaré partager l’objectif de préserver l’unité et l’intégrité du pays.
MK/AK/Sf/APA






