L’Égypte a réaffirmé devant le Conseil de sécurité de l’ONU son opposition à toute partition du Soudan et intensifie ses démarches diplomatiques pour relancer un processus politique sous conduite soudanaise, dans un contexte de dégradation continue de la situation sécuritaire.
Le Caire a durci son discours sur la crise soudanaise en faisant de l’intégrité territoriale du Soudan un principe non négociable. Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, le représentant permanent de l’Égypte auprès de l’ONU, l’ambassadeur Ihab Awad, a affirmé que « la partition du Soudan ou la création d’entités parallèles à l’État constituent une ligne rouge pour l’Égypte ». Cette déclaration intervient alors que les affrontements entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) continuent d’alimenter les craintes d’une fragmentation durable du pays.
Au cours de son intervention, le diplomate égyptien a dénoncé les violations du droit international humanitaire attribuées aux FSR, notamment dans la région d’Al-Obeid. Il a également mis en garde contre les effets de la poursuite des transferts d’armes et de l’arrivée de combattants étrangers, estimant que ces développements aggravent les risques d’extension du conflit. Pour Le Caire, la stabilité du Soudan demeure un enjeu stratégique pour la sécurité de l’Égypte, mais aussi pour l’ensemble de la Corne de l’Afrique et du bassin de la mer Rouge.
Cette prise de position s’inscrit dans une initiative diplomatique plus large. Selon Salah Halima, membre du Conseil égyptien des affaires étrangères, l’Égypte œuvre à la réactivation du mécanisme quadripartite réunissant l’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et les États-Unis, en coordination avec le groupe composé des Nations Unies, de l’Union africaine, de la Ligue arabe, de l’IGAD et de l’Union européenne. L’objectif est de redonner une dynamique aux efforts internationaux de médiation et de favoriser une reprise des négociations entre les parties au conflit.
« L’Égypte est passée d’une phase d’alerte à une phase d’initiative », a résumé le diplomate.
Le Caire défend une feuille de route articulée autour d’une trêve humanitaire, suivie d’un cessez-le-feu, avant l’ouverture de deux volets de négociations. Le premier, dans le cadre du processus de Djeddah, porterait sur les questions sécuritaires, notamment le désarmement et l’intégration des groupes armés. Le second viserait à engager un dialogue politique entre les forces civiles soudanaises non impliquées dans les combats, en vue d’une transition institutionnelle et d’un programme de reconstruction.
Pour les autorités égyptiennes, l’urgence est d’empêcher que les évolutions militaires sur le terrain ne conduisent à une partition de facto du Soudan. Les responsables égyptiens redoutent notamment que le siège d’Al-Obeid ne reproduise le scénario observé à El-Fasher, avec une aggravation de la crise humanitaire, de nouveaux déplacements de populations et l’émergence d’autorités concurrentes. En multipliant les consultations diplomatiques, Le Caire cherche ainsi à fédérer les principaux acteurs régionaux et internationaux autour d’un règlement politique destiné à préserver l’unité de l’État soudanais.
MK/AK/Sf/APA






