Le Caire intensifie ses contacts avec Washington et Paris pour obtenir un arrêt immédiat des frappes israéliennes, sur fond d’escalade militaire au Liban.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Badr Abdelatty, a multiplié jeudi 9 avril les échanges avec ses partenaires occidentaux, selon un communiqué officiel. Lors d’entretiens téléphoniques avec l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, il a appelé à «une intervention rapide pour calmer la situation» et à un cessez-le-feu immédiat. Cette initiative s’inscrit dans une séquence diplomatique active du Caire, alors que les violences s’intensifient au Liban.
Dans le prolongement de ces échanges, Abdelatty a mis en garde contre les effets déstabilisateurs des opérations militaires en cours. «L’agression israélienne sur le Liban sape tous les efforts régionaux et internationaux visant à instaurer la trêve souhaitée», a-t-il déclaré, insistant sur «la priorité absolue de mettre fin aux attaques».
Le responsable égyptien a également réaffirmé l’attachement de son pays au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale libanaises, soulignant les risques d’un élargissement du conflit à l’échelle régionale.
Cette mobilisation diplomatique s’est accompagnée d’une coordination avec les autorités libanaises. La veille, Abdelatty s’était entretenu avec le Premier ministre Nawaf Salam, exprimant «la condamnation catégorique» du Caire face aux frappes israéliennes et réaffirmant un soutien qualifié d’«indéfectible». Les discussions ont également porté sur la nécessité de soutenir les institutions libanaises et de contenir la dégradation de la situation humanitaire.
L’intensification de ces démarches intervient alors que le bilan humain s’alourdit nettement. Selon le ministère libanais de la Santé, les frappes menées mercredi 8 avril ont causé plus de 200 morts et plus de 1 000 blessés en 24 heures. L’armée israélienne a indiqué avoir conduit «la plus grande frappe» depuis le 2 mars, visant plus d’une centaine d’objectifs liés au Hezbollah.
Ce contexte accentue la pression sur les acteurs internationaux pour coordonner leurs efforts. Paris et Washington apparaissent comme des relais clés dans les tentatives de médiation, tandis que l’Égypte cherche à consolider son rôle régional. Le Caire insiste ainsi sur la nécessité d’une convergence diplomatique afin de rétablir une trêve durable et d’éviter une aggravation de l’instabilité au Moyen-Orient.
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