Le président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-CES), Bassolma Bazié, a défendu mardi une ligne souverainiste des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et critiqué certains rapports internationaux, lors d’une réunion de haut niveau consacrée à une nouvelle stratégie pour le Sahel.
S’exprimant devant des responsables africains réunis à Lomé, dont des représentants de la CEDEAO et de l’Union africaine, Bassolma Bazié, président de la CEN-CES, a salué le soutien de certains États de la région, évoquant notamment le rôle du Togo dans la continuité des échanges et l’accès à des équipements de défense.
« Le combat mené au Sahel n’est pas une aumône de souveraineté, mais une conquête », a-t-il déclaré, dénonçant ce qu’il qualifie d’« injonctions extérieures » en matière de gouvernance.
Le responsable burkinabè a également remis en cause la méthodologie de certaines organisations de défense des droits humains, accusées de produire des rapports « sur la base de coups de téléphone » sans vérification contradictoire. Il a aussi critiqué l’usage de terminologies jugées ambiguës pour désigner des groupes jihadistes, tout en dénonçant des accusations visant les forces de défense et de sécurité.
Il a par ailleurs évoqué l’existence supposée de « plans stratégiques d’assassinat » visant des dirigeants de la région, sans fournir d’éléments publics à l’appui.
Sur le plan interne, Bassolma Bazié a défendu le bilan du Burkina Faso depuis 2022 sous la conduite du capitaine Ibrahim Traoré, ainsi que celui des pays de l’AES, mettant en avant des mesures sociales, sanitaires et agricoles, ainsi que des efforts de mobilisation nationale face à l’insécurité.
Il a notamment cité la mobilisation de 541,2 milliards de francs CFA par la population, la suppression de certaines cautions médicales, le déploiement de cliniques mobiles, la mise en place d’une assurance maladie à faible coût, ainsi que des investissements dans la mécanisation agricole et le soutien aux producteurs.
M. Bazié a également insisté sur le renforcement des capacités sécuritaires nationales et la volonté des pays de l’AES de diversifier leurs partenariats militaires afin de renforcer leur autonomie stratégique.
Critiquant les appels à un retour rapide à un ordre constitutionnel classique, il a dénoncé une « démocratie importée » qui ne correspondrait pas, selon lui, aux réalités locales.
« Nous sommes engagés pour la reconquête de notre souveraineté politique, économique, sécuritaire et culturelle », a-t-il conclu, affirmant que les pays de l’AES poursuivront leur trajectoire « quoi qu’il en coûte ».
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