Le président du Conseil présidentiel libyen, Mohamed Menfi, a affirmé qu’il accueillerait favorablement toute initiative américaine concernant la Libye, à condition qu’elle soit portée par les institutions constitutionnelles nationales du pays, lors d’une réunion virtuelle du bureau de l’Union africaine (UA).
Menfi a jugé « bienvenues : en principe les informations faisant état d’une possible proposition américaine », tout en soulignant qu’elles relevaient pour l’instant de la spéculation, aucune proposition officielle n’ayant été présentée publiquement. Il a mis en garde contre le risque qu’une initiative menée en dehors des cadres officiels exclue les organes constitutionnels libyens, l’Union africaine, le processus politique sous l’égide de l’ONU, ainsi que les principaux acteurs libyens du dossier.
Il participait à cette session aux côtés de représentants du Burundi, du Ghana, de la Tanzanie et de l’Angola, convoquée par le président burundais Evariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine.
Dans son intervention, Menfi a estimé que le continent africain était confronté à des « défis complexes et en constante évolution », appelant à une coordination plus étroite entre Etats membres et à une mise en œuvre accélérée de l’Agenda 2063 de l’UA. Il a réaffirmé le principe des « solutions africaines aux problèmes africains », plaidant pour que les crises du continent soient traitées par le biais des institutions régionales et continentales, sans ingérence extérieure.
S’agissant spécifiquement de la Libye, il a jugé essentiel de renforcer le rôle de l’UA, des institutions nationales et du processus onusien afin de préserver l’unité, la souveraineté et la stabilité du pays.
Ces déclarations interviennent alors que s’intensifient les discussions autour d’une proposition de partage du pouvoir soutenue par Washington. Dans l’est du pays, le maréchal Khalifa Haftar l’a publiquement qualifiée d’ « opportunité réaliste » de résoudre la crise libyenne, tandis que plus de 40 membres de la Chambre des représentants ont également exprimé leur soutien à cette initiative.
Par ailleurs, les dirigeants des trois principaux organes politiques libyens- la Chambre des représentants, le Haut Conseil d’Etat et le Conseil présidentiel- se sont accordés sur une feuille de route prévoyant la tenue d’élections présidentielle et législatives simultanées d’ici le 17 février 2027, ainsi que des efforts pour unifier les institutions de l’Etat et engager des réformes économiques.
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