Le Soudan du Sud et les États-Unis s’affrontent sur la question du rapatriement de ressortissants, après que Washington a suspendu tous les visas pour les citoyens sud-soudanais. Juba réfute les accusations américaines et défend sa position dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes.
Le Soudan du Sud a rejeté les accusations formulées par les États-Unis sur son prétendu refus de rapatrier ses ressortissants, après que Washington a suspendu la délivrance de visas aux citoyens sud-soudanais.
Dans un communiqué daté du 7 avril 2025, le ministère sud-soudanais des Affaires étrangères a contesté les propos du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, qui, deux jours plus tôt, annonçait une mesure de rétorsion liée à « l’échec du gouvernement de transition du Soudan du Sud à accepter le retour de ses citoyens rapatriés ».
Selon les autorités de Juba, l’affaire à l’origine de cette crise diplomatique porte sur l’expulsion par les États-Unis d’un homme présenté comme un Sud-Soudanais, mais que le gouvernement identifie formellement comme congolais. « Les processus de vérification complets ont confirmé sans ambiguïté que cet individu est un national de la République démocratique du Congo », précise le ministère, évoquant l’arrivée de cet homme à l’aéroport international de Juba les 5 et 6 avril. Il s’agirait, selon la même source, de Makula Kintu, un ressortissant de la tribu Ema originaire du Nord-Kivu, né le 2 avril 1977.
Les autorités sud-soudanaises assurent avoir partagé des éléments probants, y compris des enregistrements vidéo, avec l’ambassade des États-Unis à Juba ainsi qu’avec le Département d’État à Washington pour appuyer leur version.
Tout en réaffirmant leur engagement à coopérer avec les États-Unis, les responsables de Juba dénoncent une mesure « disproportionnée », rappelant avoir déjà facilité le retour de 21 des 23 personnes identifiées par les services américains. « La décision américaine repose sur un cas isolé impliquant un individu qui n’est pas sud-soudanais », regrette le ministère.
Le gouvernement sud-soudanais dit maintenir sa politique d’acceptation de ses ressortissants, qu’ils reviennent volontairement ou dans le cadre de procédures d’expulsion.
AC/Sf/APA







