La Cédéao confie à l’ancien Premier ministre guinéen, Lansana Kouyaté, la mission de reprendre les négociations avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a désigné, mardi, l’ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté comme négociateur en chef chargé de relancer le dialogue avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, réunis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), dans un contexte de rupture formalisée entre ces pays et l’organisation régionale.
L’acte de nomination a été signé par le président sierra-léonais Julius Maada Bio, président en exercice de la Cédéao, et il fait suite à l’approbation de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement. La décision confère à Lansana Kouyaté un rôle central dans la recherche d’une solution politique et institutionnelle pour préserver les acquis de l’intégration ouest-africaine.
Diplomate de longue carrière, Kouyaté a dirigé le gouvernement guinéen et occupé le poste de secrétaire exécutif de la Cédéao de 2002 à 2007. Fort de cette expérience, il devra piloter des négociations inclusives et proposer des solutions concertées, avec pour priorités la libre circulation des biens et des personnes, ainsi que la coopération sécuritaire. Son mandat initial est fixé à trois mois renouvelables.
La nomination s’inscrit dans un contexte de médiation active de l’Union africaine (UA) au Sahel. Le 10 mars, le Représentant spécial de l’UA pour le Mali et le Sahel, Mamadou Tangara, a été reçu à Freetown par Julius Maada Bio. À l’issue de l’entretien, le président sierra-léonais a réaffirmé son engagement en faveur d’un dialogue constructif sur les questions de sécurité au Sahel.
Ces démarches font suite à une tournée diplomatique de Tangara incluant des visites à Abuja le 6 mars et à Bamako fin janvier, visant à maintenir les canaux de dialogue avec les États sahéliens, suspendus des instances décisionnelles de l’UA depuis les transitions politiques de 2020–2021.
Malgré leur retrait officiel en janvier 2025, les pays de l’AES continuent de participer à certaines structures techniques de la Cédéao, telles que le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba) et la Banque d’investissement et de développement de la Cédéao (Bidc), sous un statut de « pays non régionaux », afin d’assurer la continuité des projets en cours.
La Cédéao et l’UA entendent ainsi combiner médiation directe et diplomatie institutionnelle pour sortir de l’impasse et préserver la coopération régionale dans un espace sahélien confronté à de multiples défis sécuritaires et économiques.
AC/Sf/APA







