Un an après l’éclatement de la crise des passeports diplomatiques, les relations entre Alger et Paris s’enfoncent dans l’impasse. Entre blocages administratifs et provocations répétées, l’Algérie multiplie les tensions au risque de paralyser ses liens économiques et consulaires avec la France.
Les relations entre l’Algérie et la France traversent une crise persistante depuis l’été 2024, alimentée par des blocages protocolaires inédits et des tensions politiques croissantes.
Dernier épisode en date : la « crise des valises diplomatiques », provoquée par la décision d’Alger de dénoncer des entraves françaises à la circulation de ses courriers officiels. Une réaction disproportionnée selon plusieurs diplomates européens, qui y voient une volonté délibérée de crispation.
Depuis l’arrestation d’un agent consulaire algérien en France en avril dernier, les initiatives de rapprochement ont toutes échoué. Malgré une feuille de route convenue entre les présidents Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune fin mars, les décisions unilatérales d’Alger ont compromis tout retour à la normale.
La situation s’est encore envenimée ces dernières semaines avec la convocation répétée du chargé d’affaires français à Alger et les menaces de porter le différend devant l’ONU. Une escalade jugée préoccupante par les milieux économiques et consulaires, alors que l’acheminement des valises diplomatiques est bloqué et que l’exemption de visas pour les détenteurs de passeports officiels a été suspendue par les deux capitales.
Pour Michel Bisac, président de la Chambre de commerce algéro-française (CCIAF), les conséquences sont « incalculables ». Il alerte sur le « grippage total » de la machine administrative, avec un impact direct sur les services consulaires et la délivrance des visas. Près de la moitié des agents consulaires français en Algérie doivent être remplacés cet été, mais leur arrivée est désormais compromise.
La diplomatie française, pourtant désireuse de maintenir le dialogue, se heurte à une posture rigide d’Alger, qui instrumentalise la crise à des fins internes. En l’absence de gestes d’apaisement, la relation bilatérale risque un gel prolongé, au détriment des ressortissants et des échanges économiques.
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