A quelques semaines de sa troisième édition à Cotonou, le Salon des industries musicales d’Afrique francophone (SIMA) a placé, pendant l’Africa Day à Sciences Po Paris, la question de l’influence croissante des musiques africaines dans le monde au cœur des échanges.
À l’occasion d’un panel au programme d’Africa Day, le SIMA a réuni artistes, dirigeants de labels, acteurs du live et professionnels de l’industrie autour de la thématique « L’influence des musiques africaines : du succès local à la conquête des scènes mondiales ».
La présence de Corinne Amori Brunet, ministre des Affaires étrangères du Bénin, pays hôte de la prochaine édition du SIMA, a renforcé la dimension institutionnelle de cette rencontre. La ministre a replacé les enjeux de la thématique dans la stratégie de rayonnement international du Bénin, qui fait de la culture un levier de son influence et de son attractivité.
Elle a appelé à une réflexion collective sur la structuration de l’écosystème musical africain, en interrogeant les conditions permettant de « créer ensemble un environnement dans lequel nos talents puissent être découverts, formés, produits et enregistrés ».
L’objectif est de faire en sorte que, depuis l’Afrique et sans obligation de s’exporter, se développe un véritable écosystème doté de labels et de maisons de production garantissant aux artistes des modèles de rémunération pérennes.
Pit Baccardi, cofondateur du SIMA, a ouvert les échanges en replaçant la question de l’influence des musiques africaines dans les réalités de l’industrie, avec un regard nourri par sa double expertise d’artiste et de producteur. Il a notamment posé l’enjeu du passage du succès et de la visibilité à une influence durable, capable de générer des opportunités et de la valeur pour les acteurs du secteur.
La rencontre, modérée par Mamby Diomandé, fondateur et commissaire général du SIMA, a réuni plusieurs figures de premier plan de l’industrie musicale : Pauline Duarte, directrice de Columbia Labels Group chez Sony Music Entertainment, Angelo Gopee, CEO de Live Nation France & MIDEM, Singuila, artiste et interprète, et Marc-André Niang, directeur de Warner Music Afrique Francophone.
De la visibilité à l’influence
Les échanges ont mis en perspective le succès croissant des artistes africains sur les plateformes et les grandes scènes internationales avec un enjeu structurant pour l’industrie : transformer cette exposition en carrières durables, en valeur économique et en capacité d’influence pour le continent.
Les intervenants ont notamment confronté leurs expériences sur les conditions d’accès aux marchés internationaux, le rôle des labels et des acteurs du live, ainsi que la nécessité de mieux structurer les écosystèmes africains pour accompagner les talents dans la durée.
« La question n’est plus de savoir si les musiques africaines ont leur place sur les scènes mondiales. Elles y sont déjà. L’enjeu est désormais de construire les conditions pour que cette présence soit durable, que nos artistes maîtrisent davantage leur trajectoire et que la valeur créée bénéficie pleinement aux écosystèmes africains », souligne Pit Bacardi, cofondateur du SIMA.
Cette rencontre témoigne de l’évolution du SIMA, qui inscrit désormais la musique dans une réflexion plus large sur les industries culturelles et créatives, le rayonnement culturel et le soft power africain.
En réunissant à Paris des acteurs issus des principaux maillons de l’industrie, le salon entend faire dialoguer les expériences et les expertises autour des transformations qui façonnent aujourd’hui le secteur : nouveaux modes de diffusion, technologies, modèles économiques, mobilité des artistes et accès aux marchés internationaux.
Cap sur Cotonou
Cette séquence parisienne précède de quelques semaines la troisième édition du SIMA, qui se tiendra du 12 au 13 novembre 2026 à Cotonou sous le thème « Musique africaine : de la scène au pouvoir d’influence ».
La programmation réunira artistes, professionnels de l’industrie, institutions, marques et acteurs des industries créatives autour des enjeux de création, d’innovation, de structuration et de rayonnement international. Elle s’articulera notamment autour de résidences artistiques, de sessions live, d’une scène dédiée aux talents émergents, de rencontres professionnelles et de panels.
Les 12 et 13 novembre, le Makaya mettra notamment à l’honneur la nouvelle génération musicale africaine à travers une scène dédiée aux talents émergents. Des artistes venus notamment du Togo, du Kenya et de Madagascar, ainsi que d’autres pays du continent, se succéderont sur scène.
À travers cette troisième édition, le SIMA entend poursuivre une ambition désormais élargie : faire de la musique un point d’entrée vers une réflexion plus vaste sur la création, la transformation des industries culturelles et le pouvoir d’influence de l’Afrique.
Créé et initié par des experts de l’industrie musicale, le Salon des industries musicales d’Afrique francophone (SIMA) promeut l’industrie musicale africaine, forme les acteurs de son écosystème et favorise les rencontres d’affaires entre acteurs africains et internationaux.
Véritable plateforme d’interconnexion des industries culturelles et créatives, le SIMA offre aux acteurs de l’écosystème un espace pour créer, apprendre, partager, se rencontrer et faire émerger de nouvelles collaborations, tout en contribuant à la réflexion sur les enjeux culturels, économiques et technologiques qui façonnent les industries créatives africaines et leur rayonnement international.
AP/Sf/APA





