L’Association du transport aérien international (IATA) vient de publier ses dernières données concernant le trafic mondial de passagers pour le mois d’août 2026. Les résultats mettent en lumière une trajectoire à deux vitesses : alors que la demande mondiale s’est contractée de 0,8 % par rapport à août 2025, le continent africain affiche une progression de 4,4 %.
La performance du secteur des transports aériens en l’Afrique, avec un progression de 4,4%, contraste avec la contraction de la demande au niveau mondial, dans un contexte économique difficile, dominé à l’échelle internationale par l’envolée des coûts de l’énergie et de persistantes incertitudes géopolitiques. Les compagnies aériennes africaines se distinguent par une belle dynamique sectorielle.
L’Afrique et l’Amérique latine sont en zone de croissance. En parallèle à la hausse de sa demande, le continent africain enregistre une augmentation de 7,2 % de sa capacité (mesurée en sièges-kilomètres offerts – ASK), maintenant son coefficient d’occupation des sièges à un niveau robuste de 77,5 %.
Face à un recul mondial de 0,8 %, plusieurs régions résistent à la morosité avec une hausse de la demande de 5,3 % pour l’Amérique latine et les Caraïbes, de 4,4 % pour l’Afrique et de 1,4 % pour l’Asie-Pacifique.
Le léger repli du marché mondial, mesuré en kilomètres-passagers payants (RPK), s’explique en grande partie par un coup d’arrêt brutal au Moyen-Orient. En raison de l’instabilité géopolitique régionale, les transporteurs moyen-orientaux ont vu leur demande s’effondrer de 14,6% par rapport à l’année précédente, brisant une longue phase de reprise.
Si l’on exclut cette région du calcul, la demande mondiale globale repasse en territoire positif avec une légère hausse de 0,6 %, soit la moitié du rythme de croissance observé en juillet. À l’exception notable du marché intérieur chinois, la connectivité aérienne mondiale s’est globalement affaiblie à la fin de l’été.
L’analyse segmentée du trafic de l’IATA révèle un ralentissement généralisé, marqué par un repli de 0,9 % de la demande sur le marché international (malgré une hausse de 1,3 % hors Moyen-Orient) pour un taux d’occupation stable de 85,0 %, ainsi qu’une baisse de 0,5 % de la demande domestique qui, malgré une offre de sièges supérieure de 0,7 %, fait fléchir son coefficient d’occupation à 85,3 %.
« Les prochains mois nous diront si les voyageurs, dont le pouvoir d’achat a été réduit par les coûts plus élevés de l’énergie, vont ajuster leurs budgets de voyage, ou seront possiblement dissuadés de voyager en raison de l’instabilité géopolitique prédominante », a déclaré Marie Owens Thomsen, économiste en chef et vice-présidente principale responsable de la durabilité à l’IATA.
Malgré ces vents contraires, l’organisation anticipe le mois d’octobre 2026 avec un « optimisme prudent », les programmes de vols mondiaux prévoyant déjà une augmentation de 2,0 % du nombre de sièges offerts.
AP/Sf/APA





