A l’occasion d’une conférence de presse tenue, ce mardi 6 octobre 2026, à la Maison du parti à Cocody, le secrétaire exécutif chargé de la Communication et porte-parole du PDCI-RDA, Bredoumy Soumaïla, a fait un tour d’horizon de l’actualité nationale.
Devant les journalistes, le principal parti d’opposition ivoirien, le PDCi-RDA a dévoilé ses orientations pour la refonte de l’organe électoral, tout en se prononçant sur la crise de la filière cacao et la gestion de l’exploitation aurifère dans le pays.
Le porte-parole, Bredoumy Soumaïla a annoncé qu’un groupe de travail composé de hauts responsables du parti a formalisé les réflexions de la formation politique dans un « document d’orientation ».
Ce manifeste propose des pistes pour une Côte d’Ivoire « plus juste, plus démocratique et plus solidaire ».
« Le PDCI-RDA n’a pas déposé de proposition de loi au ministère de l’Intérieur. Nous avons simplement présenté les grandes lignes de notre réflexion ; le document transmis au ministère expose nos grandes orientations, en réponse à celles qui ont été communiquées par le gouvernement », a-t-il dit.
Sur instruction directe du président du PDCI, Tidjane Thiam, une copie de ce document a été officiellement remise au ministre de l’Intérieur le 28 septembre 2026. En outre, le groupe parlementaire du PDCI en a également été saisi pour orienter ses futures actions à l’Assemblée nationale, a-t-il confié.
Pour le porte-parole du PDCI, « aujourd’hui, les partis politiques redoutent qu’un projet de loi ne soit présenté brusquement et adopté (par le Parlement) sans que leurs contributions n’aient été véritablement examinées. »
« Nous estimons qu’un calendrier clair, établi par l’exécutif, aurait permis d’éviter la précipitation actuelle. Il aurait fallu préciser minutieusement les différentes étapes : la réception des propositions, leur examen, les rencontres de concertation, puis les décisions finales », a-t-il insisté.
Bredoumy Soumaïla a toutefois précisé qu’il ne s’agissait pas d’une proposition de loi formelle, mais d’une base de discussion. Le PDCI-RDA appelle à la poursuite d’un dialogue inclusif entre toutes les forces politiques.
Sur le plan environnemental et sécuritaire, ce parti d’opposition s’est félicité de la récente décision du gouvernement et du Conseil national de sécurité de suspendre l’exploitation artisanale de l’or face au phénomène de l’orpaillage illégal.
Il a cependant souligné que l’arrêt de la délivrance des permis ne suffirait pas. Le PDCI demande au gouvernement de mener un audit exhaustif de l’ensemble des permis attribués et d’évaluer l’impact environnemental de l’orpaillage, qu’il soit légal ou clandestin.
Dans ses propos, le volet économique a été largement dominé par la crise du cacao, secteur essentiel dont dépendent près de huit millions d’Ivoiriens. Il a dénoncé un problème systémique de commercialisation qui persiste depuis deux à trois ans, pointant du doigt l’écart important entre les prix d’achat pratiqués en Côte d’Ivoire et ceux du Ghana, pays voisin.
Selon le PDCI-RDA, cette disparité fait peser un triple risque sur le pays, à savoir l’accentuation de la fraude et de la fuite des fèves vers l’extérieur, la fragilisation de l’industrie ivoirienne de transformation locale, qui menace directement l’emploi, ainsi qu’une baisse drastique des recettes fiscales de l’État.
Pour endiguer cette crise, le parti propose la création immédiate d’une cellule de veille au ministère de l’Agriculture pour un suivi quotidien des cours et des stocks. Il préconise également un meilleur encadrement des producteurs, un contrôle rigoureux des budgets des structures de régulation, des audits réguliers des prélèvements et une révision du mécanisme de répartition des gains au profit des paysans.
Kah Zion Dénis, haut représentant du président du parti dans l’Ouest montagneux, a pour sa part, annoncé que la ville de Guiglo accueillera, le 21 novembre 2026, les festivités officielles marquant la célébration des 80 ans du PDCI-RDA dans le Grand Ouest.
Un événement qui s’annonce politique, destiné à promouvoir l’unité autour de Tidjane Thiam, le président du PDCI, et à porter les revendications des populations locales.
AP/Sf/APA





