Le Groupe parlementaire PDCI-RDA (opposition) à l’Assemblée nationale annonce avoir « appris avec une très grande stupéfaction, l’empêchement de voyage opposé » au député-maître, Blessy Jean Chrysostome, l’un de ses membres, dans un communiqué.
« Dans la nuit du mercredi 1er octobre au jeudi 02 octobre 2025, le député Blessy Jean Chrysostome, en partance pour la Tunisie pour des soins médicaux réguliers depuis le mois d’avril 2025, a été, avec la volonté manifeste de l’humilier devant d’autres voyageurs, refoulé par les services de police de l’Aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan », déplore le parti.
Le parti déplore qu’ « aucune explication claire n’a été fournie au député, sauf qu’il ferait l’objet d’une mesure d’interdiction de quitter le territoire ivoirien prise à son encontre par le Procureur de la République ». Selon le PDCI, « le député, l’avocat émérite Maître Blessy Jean Chrysostome n’en a jamais été préalablement informé ».
Le Groupe parlementaire PDCI à l’Assemblée nationale s’étonne du fait que, jusqu’à la date de la publication de cette déclaration, aucun document officiel justifiant cette mesure « vexatoire, qui est une interdiction injustifiée et non motivée de sortie du territoire, n’ait été signifiée au député Maître Blessy Jean Chrysostome par les autorités judiciaires ».
« Cette mesure arbitraire, qui survient dans un contexte de tensions politiques à l’approche de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025, constitue un mépris extrêmement grave, du principe de l’immunité parlementaire prévu à l’article 91 de la Constitution qui dispose : « Aucun membre du Parlement ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou des votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions », martèle le PDCI.
En outre, le Groupe parlementaire PDCI dénonce « une grave atteinte aux Droits et libertés fondamentales de l’ensemble des citoyens ivoiriens », rappelant que l’article 21 alinéa 2 de la Constitution qui dispose que : « Tout citoyen ivoirien a le droit de quitter librement son pays et d’y revenir. »
Au demeurant, le Groupe parlementaire PDCI-RDA fait le constat que « cette manœuvre s’inscrit dans une série d’actes d’intimidation et de persécutions ciblées contre les élus et cadres du PDCI-RDA, ainsi que des personnes proches du Président du PDCI-RDA, Monsieur Cheick Tidjane Thiam ; en témoigne l’interdiction de sortie du District d’Abidjan imposée au député Yohou Dia Houphouët par une réquisition judiciaire à la préfecture de Police d’Abidjan ».
Le Yohou Dia Houphouët a subi un interrogatoire sans fondements de plus de 17 heures dans des conditions inacceptables. Le tout, dans une logique de « museler l’opposition afin d’entraver le libre exercice de la démocratie en Côte d’Ivoire ».
Le Groupe parlementaire PDCI-RDA tient à rappeler que l’empêchement de voyager de Me Blessy « n’est pas seulement une agression personnelle ; elle constitue une menace pour l’ensemble des députés de l’opposition et consacre le recul des fondements de l’État de Droit en Côte d’Ivoire ».
AP/Sf/APA







