Abidjan a accueilli, ce mardi 28 avril 2026, le lancement d’une série de rencontres de haut niveau organisées par la Commission de la CEDEAO, visant à harmoniser les politiques nationales pour transformer l’ambition d’un marché commun en une réalité tangible.
L’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest franchit une nouvelle étape. Sous l’impulsion de la Commission de la CEDEAO, des experts, des décideurs et des acteurs privés se sont réunis à Abidjan pour une session de cinq jours.
Au cœur des débats : l’investissement, l’agriculture, le commerce, la gouvernance et la gestion sécurisée des frontières. Le thème central de ce sommet est : « Bâtir le marché commun de la Cedeao : Renforcer le commerce intra-régional des produits alimentaires en Afrique de l’Ouest ».
Pour Hermore Sahr, vice-ministre de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire de la Sierra Leone, qui a ouvert les travaux, l’union n’est plus un choix mais une nécessité. « Notre force collective réside dans notre capacité à travailler ensemble pour surmonter des défis qu’aucun pays ne peut relever seul », a-t-il affirmé.
Il a particulièrement insisté sur le secteur agricole, « colonne vertébrale » de l’économie régionale. Le vice-ministre a appelé à une levée immédiate des obstacles non tarifaires et à une harmonisation des normes douanières pour fluidifier la circulation des denrées.
L’enjeu est de taille : stabiliser les marchés et garantir la sécurité alimentaire dans une zone encore trop vulnérable. Il a soutenu que « notre force collective réside dans la capacité à travailler ensemble pour surmonter les défis communs et saisir les opportunités qu’aucun pays ne peut atteindre seul ».
Pour lui, l’agriculture demeure la colonne vertébrale de l’économie de l’Afrique de l’Ouest et un moteur essentiel de l’emploi. Afin d’exploiter pleinement le potentiel de ce secteur, il a exhorté les États membres de la CEDEAO à aligner leurs politiques agricoles sur les stratégies régionales.
De son côté, Jean Louis Moulot, représentant le ministre ivoirien de l’Intégration africaine, a rappelé que si la libre circulation est l’acquis le plus précieux de l’organisation, elle doit désormais s’appuyer sur des systèmes de gestion des frontières « interconnectés et technologiquement performants ».
Malgré les tensions politiques et sécuritaires actuelles, la Côte d’Ivoire réaffirme sa position : l’intégration est une « responsabilité collective envers les populations ». Il a relevé au titre de la gestion des frontières que la libre circulation des personnes et des biens constitue l’un des acquis les plus emblématiques de la CEDEAO.
L’intégration régionale « exige des systèmes de gestion des frontières efficaces, sécurisés, interconnectés et technologiquement performants », a-t-il noté. Cela nécessite le passage des stratégies aux actions concrètes.
Le constat dressé par Khalilou Sylla, représentant le président de la Commission de la CEDEAO, est sans appel. En dépit d’une production record de 80 millions de tonnes de céréales en 2025, la région reste en proie à l’insécurité alimentaire.
« Il n’est pas acceptable que l’Afrique de l’Ouest subisse une crise tous les deux ans alors que nous avons un potentiel immense », a-t-il martelé, à l’ouverture des travaux qui se tiendront du 28 avril au 1er mai 2026 sur les berges de la lagune Ebrié.
Rappelant que la région comptera bientôt trois des pays les plus développés au monde d’ici 75 ans, il a exhorté les États membres à sortir de la logique des promesses pour entrer dans celle des « actions concrètes » via un écosystème commun fonctionnel.
Ces cinq jours de travaux s’inscrivent dans la « Vision 2050 » de la CEDEAO et l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Les conclusions de ces réunions thématiques devraient poser les jalons d’une croissance durable, portée par une synergie renforcée entre les quinze États membres.
Les réflexions des experts reposent sur plusieurs points dont les principaux sont l’investissement, l’agriculture, le commerce, la gouvernance, l’environnement (gestion des déchets plastiques) et la gestion des frontières.
AP/APA







