La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a célébré, ce lundi 9 mars 2026, l’initiative mondiale « Ring the Bell for Gender Equality » à Abidjan, à l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme, réaffirmant que l’inclusion des femmes est un levier de performance économique incontournable.
Pour le directeur général de la BRVM, Edoh Kossi Amenounve, le débat sur la parité a dépassé le stade de la simple revendication sociale : « L’égalité ne doit pas être considérée comme une faveur, mais comme une stratégie économique. »
Le constat est sans appel : une économie qui exclut les femmes fragilise une aile de son développement, a déclaré le directeur général de l’institution financière régionale, soulignant que les entreprises qui favorisent l’inclusion des femmes dans leurs équipes dirigeantes sont performantes.
Edoh Kossi Amenounve a mentionné que la PDG du Nasdaq, la deuxième bourse la plus importante du monde, est une femme, tout en exhortant les femmes à s’investir dans le secteur financier. Il soutiendra que l’avenir du monde passe par des actions en faveur des femmes et des jeunes.
L’ambassadeur du Canada en Côte d’Ivoire, Sandra Choufani, s’est réjouie de cette initiative qui est « bien plus qu’un symbole » visant à bâtir un marché financier plus inclusif où les femmes occupent une place de choix.
Selon la diplomate, l’émergence de femmes leaders dynamiques est une opportunité historique pour bâtir un marché financier transparent et prospère. « En sonnant cette cloche, nous envoyons un message clair pour une prospérité partagée », a-t-elle ajouté.
En sonnant cette cloche « nous envoyons un message clair : pour l’égalité et la prospérité partagée », a-t-elle lancé. C’est la 11e fois que la BRVM s’associe à l’initiative internationale « Ring the Bell For Gender Equality » pour briser le plafond de verre.
Lors d’un panel, tenu à la salle de cotation, autour du thème « Les femmes dirigeantes qui excellent dans les métiers autrefois réservés aux hommes », des femmes leaders ont soutenu que « les talents n’ont pas de genre ».
Les échanges ont permis de confronter les réalités du terrain. Elles ont fait observer qu’en Côte d’Ivoire 80% de la main-d’œuvre agricole est féminine et les femmes sont plus présentes au niveau de la micro-transformation, mais « très peu dans l’agro-industrie » et les postes de haute décision.
Les intervenantes ont appelé à un renforcement des compétences et à l’instauration d’un système de mentorat pour encourager les jeunes femmes à investir des secteurs historiquement masculins, quitte à prendre des risques calculés.
Toutefois, la formation seule ne suffit pas. Adjaratou Fatou Ndiaye, représentante résidente d’ONU Femmes, a plaidé pour une véritable « transformation sociale ». Elle a souligné le poids des contraintes domestiques qui freinent l’ascension professionnelle des femmes.
« Il est difficile d’associer certaines tâches sociales à un haut niveau de responsabilité », a-t-elle déploré, Adjaratou Fatou Ndiaye, une féministe qui fut dans la bataille qui a créé ONU Femmes, appelant à repenser l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle.
La cérémonie a été marquée par la présence de figures inspirantes, notamment Marie Hélène Fadiga Sarassoro, pionnière en tant que première femme inspecteur des finances en Côte d’Ivoire, prouvant que les lignes continuent de bouger sur le marché financier régional.
L’initiative internationale « Ring the Bell For Gender Equality », vise notamment à mobiliser les places boursières à travers la planète pour promouvoir l’égalité du genre et l’autonomisation économique des femmes.
AP/Sf/APA







