Alors que la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, s’apprête à donner le coup d’envoi de la 10ᵉ édition des Journées nationales du cacao et du chocolat (JNCC) du 1er au 3 septembre 2026, les regards de tous des acteurs de la filière sont braqués sur les cours internationaux et les futures annonces tarifaires.
Placée sous le thème « Jeunesse et cacaoculture du futur », cette édition des JNCC sera marquée, dès son ouverture ce 1er septembre 2026 au Parc des expositions d’Abidjan, par la révélation tant attendue des prix bord champ du cacao pour la nouvelle campagne 2026-2027.
Les derniers indicateurs de l’Organisation internationale du cacao (ICCO) publiés le vendredi 28 août 2026 témoignent d’un vigoureux rebond. Les ventes à terme sur le marché mondial ont ainsi dépassé le seuil des 3,7 millions de F CFA la tonne en fin de semaine.
À la bourse de New-York, les contrats à terme ont grimpé à 6 721,67 dollars, soit 3 millions 795 415 F CFA la tonne le vendredi 28 août, contre 6 199 dollars (3 millions 500 287 F CFA) la veille. La place de Londres a suivi la même dynamique, s’établissant à 4 940,67 livres sterling (3 millions 779 795 F CFA) la tonne contre 4 569 livres sterling (3 millions 495 414 F CFA) enregistrées la veille.
Le prix quotidien de référence fixé par l’Organisation internationale du cacao (ICCO) reflète cette tendance avec une hausse marquée à 6 709,86 dollars (3 millions 788 738 F CFA) contre 6 204,94 dollars (3 millions 503 955 F CFA) la veille.
Un marché structurellement sensible aux aléas
Cette tendance fin août fait suite à un trimestre avril-juin 2026 où, selon le bulletin de l’ICCO, le sentiment du marché est resté extrêmement sensible aux variations de la demande, aux évolutions météorologiques ainsi qu’aux risques de production dans les grands bassins d’Afrique de l’Ouest.
En matière d’échanges, les exportations mondiales de fèves de cacao et de produits semi-finis ont d’ailleurs fléchi de 2,8 % entre janvier et mars 2026 pour s’établir à 2,09 millions de tonnes.
Sur l’ensemble de la saison 2024/2025, l’ICCO estime que la production brute mondiale a progressé de 8,5 % en glissement annuel pour atteindre 4,733 millions de tonnes, tandis que les broyages mondiaux (World Grindings) ont reculé de 3,3 % à 4,649 millions de tonnes.
Il en résulte un excédent mondial d’offre évalué à 37 000 tonnes, tandis que les stocks de fin de saison ont augmenté de près de 3 % pour s’élever à 1,309 million de tonnes, portant le ratio stocks/broyage à 28,2 %.
La publication imminente du nouveau prix bord champ ivoirien permettra de déterminer comment le régulateur compte aligner les réalités des producteurs locaux avec ces récentes turbulences des places financières mondiales.
Une fin de campagne sous pression pour les exportateurs
Le Conseil du café-cacao, organe de régulation de la filière en Côte d’Ivoire, avait officiellement confirmé le maintien du prix d’achat bord champ à 2 800 F CFA le kilogramme pour la campagne principale 2025-2026, un tarif resté inchangé jusqu’au 31 mars 2026.
Cependant, l’ouverture de la campagne s’est avérée complexe pour les exportateurs ivoiriens. Confrontés à un marché international en baisse, passé de 5 000 à 3 800 F CFA le kilo, ces derniers ont jugé le prix réglementaire de 2 800 F CFA intenable, entraînant un net ralentissement de leurs opérations d’achat.
Cette nouvelle saison introduira une réforme structurelle majeure : la Carte du producteur deviendra l’unique sésame obligatoire pour tout achat de cacao. Et ce, afin de permettre une traçabilité du cacao ivoirien.
AP/Sf/APA







