La 4ème édition du Forum annuel des leaders de la recherche agricole s’est ouverte, ce mardi 3 février 2026, sur les berges de la lagune Ebrié, autour du financement de la recherche et l’innovation agricole.
Abidjan accueille, les 3 et 4 février 2026, le forum régional des leaders de la recherche agricole. Face à la baisse de l’aide internationale, le Conseil Ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF) et ses partenaires cherchent des solutions pérennes pour nourrir 450 millions d’habitants.
La capitale économique ivoirienne est pour 48 heures, le centre névralgique de l’innovation agricole en Afrique. Sous l’égide du gouvernement ivoirien et en partenariat avec la Cédéao et la Ceeac, le CORAF a ouvert ce mardi le forum stratégique des leaders de la recherche agricole.
Le défi est de taille : comment financer la recherche et l’innovation agricoles à l’heure où l’Aide publique au développement (APD) s’essouffle ? Le modèle ivoirien a été présenté aux participants à l’ouverture des travaux.
Représentant le ministre ivoirien de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Rodrigue N’Guessan Koffi a donné le ton. Pour la Côte d’Ivoire, la solution réside dans l’autonomie. Il a mis en avant le succès du Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA).
« Créé en 2002, le FIRCA repose sur la contribution directe des filières. Il a permis de mobiliser des dizaines de milliards de francs CFA, maintenant l’investissement même en période de raréfaction des financements extérieurs », a-t-il expliqué, proposant l’essaimage de ce modèle dans toute la région.
L’excellence du Centre national de recherche agronomique (CNRA) a également été saluée comme un pilier de cette coopération sud-sud. L’urgence climatique et la crise du financement sont les principaux problèmes auxquels est confronté le secteur agricole.
Le constat dressé par Rosine Hadizatou Sori Coulibaly, présidente de l’Assemblée générale du CORAF, est sans appel. Si l’institution a prouvé son efficacité depuis 1987 par la diffusion de technologies et la formation de millions de producteurs, elle fait face à une « crise sans précédent ».
« L’enjeu n’est pas seulement de financer des projets ponctuels, mais de bâtir des institutions de recherche résilientes », a-t-elle martelé. Pour elle, l’avenir passe par de nouveaux leviers : partenariats public-privé (PPP), valorisation de la propriété intellectuelle et fonds compétitifs régionaux.
La dimension sociale de ce forum est cruciale. Sonagnon Septime Houssou-Goe, représentant la CEDEAO, a rappelé une réalité alarmante : près de 50 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest.
« Sans recherche, il ne peut y avoir de transformation agricole. Le financement de l’innovation doit être perçu comme un investissement stratégique et non comme une charge budgétaire », a affirmé Sonagnon Septime.
Durant ces deux jours, les échanges, tant en présentiel qu’en format hybride, se concentreront sur les retours d’expériences réussies. Outre le FIRCA ivoirien, les modèles du FNRAA (Sénégal) et du FNDASP (Burkina Faso) sont disséqués par les experts.
L’objectif final de ce sommet est clair : accoucher d’une feuille de route régionale opérationnelle. Les leaders de la recherche agricole ambitionnent de sortir d’Abidjan avec des engagements concrets pour garantir que l’Afrique puisse, par elle-même, financer les solutions techniques qui assureront sa souveraineté alimentaire de demain.
AP/Sf/APA







