L’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana (ICCIG) a exprimé sa vive préoccupation face à la multiplication des substituts du cacao et aux reformulations industrielles qui diminuent la proportion de fèves dans les produits chocolatés.
L’alerte est lancée par l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana (ICCIG), quant à la multiplication des substituts du cacao, alors que les producteurs subissent des coûts de plus en plus lourds pour se conformer aux normes mondiales de durabilité et de traçabilité. Cette prise de position fait suite à un engagement politique renouvelé au plus haut sommet de l’État.
Le 16 juin 2026 à Abidjan, le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue ghanéen John Dramani Mahama ont réaffirmé leur volonté commune de bâtir une économie cacaoyère durable. Leur ambition repose sur une meilleure rémunération des planteurs et un partage plus équitable de la valeur ajoutée.
En amont de cette rencontre, la 7e session du Comité de pilotage de l’ICCIG s’est tenue le 15 juin 2026. Les discussions ont porté sur l’harmonisation des politiques de commercialisation, la lutte contre les maladies du cacaoyer, l’application de la norme ARS 1000, le développement de la transformation locale et l’ouverture de l’organisation à d’autres nations productrices.
Pour l’ICCIG, la tendance des industriels à réduire la teneur en cacao des produits finis pose un grave problème de cohérence. Si les entreprises restent libres de modifier leurs recettes dans le cadre légal, l’organisation souligne que ces pratiques ne doivent ni tromper le consommateur ni fragiliser les efforts environnementaux et sociaux de la filière.
La Côte d’Ivoire et le Ghana, piliers de l’approvisionnement mondial, rappellent que leurs exploitants investissent massivement pour lutter contre la déforestation et garantir la conformité sociale de leurs récoltes.
L’alliance juge contradictoire que ces investissements se heurtent, à l’autre bout de la chaîne, à une diminution invisible du cacao dans les produits commercialisés. Elle exige que toute substitution d’ingrédients soit communiquée de manière transparente.
Face à ce défi économique, l’ICCIG appelle l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur, régulateurs, industriels et distributeurs, à engager un dialogue structuré. L’organisation demande notamment une information transparente du consommateur sur la teneur réelle en cacao et les ingrédients de substitution.
Elle demande également une utilisation rigoureuse des labels de durabilité pour éviter d’induire le public en erreur, ainsi qu’une évaluation de l’impact de ces nouvelles recettes sur les revenus des paysans, tout en préconisant la création d’un cadre permanent de concertation réunissant les pays producteurs, les industriels et les représentants des consommateurs.
AP/Sf/APA







