Une patrouille longue portée de la MINUSCA menée à Lambi a permis aux Casques bleus portugais d’évaluer la situation sécuritaire et de recueillir les préoccupations des populations sur la protection des civils, la circulation et l’accès aux services essentiels.
Du 9 au 11 septembre 2026, la Force de réaction rapide du contingent portugais de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a effectué une patrouille longue portée dans la commune de Lambi, située à environ 150 kilomètres de Bangui.
Cette opération visait à renforcer la présence de la mission dans cette zone, à évaluer les conditions sécuritaires et à maintenir un dialogue direct avec les communautés locales.
Au cours de leur déplacement, les Casques bleus ont rencontré les autorités locales, les responsables communautaires et les habitants afin de recueillir leurs préoccupations et de renforcer les relations de confiance avec la population.
Pour le caporal Prestana, de la Force de réaction rapide, cette présence permet notamment de soutenir les populations et de prévenir les menaces susceptibles d’affecter les civils.
« Marquer une présence militaire dans la région, apporter un soutien aux populations et, lorsque cela est nécessaire, dissuader les groupes armés », a-t-il expliqué.
Lors d’une rencontre organisée à la mairie de Bodiki, les échanges ont porté sur la sécurité, la libre circulation des personnes et des biens ainsi que l’accès aux services essentiels.
Les participants ont également évoqué plusieurs difficultés qui affectent le quotidien des habitants, notamment la persistance de l’insécurité dans certaines localités et la dégradation des infrastructures routières.
Conseiller à la mairie de Lambi, Prospère Mongouanoua Kolo a fait de la sécurité l’une des principales préoccupations de la commune. Il a notamment signalé la présence d’éléments du groupe armé Retour, Réclamation et Réhabilitation (3R) dans plusieurs villages, dont certains seraient impliqués dans des incidents avec les populations.
Il a également alerté sur l’état particulièrement dégradé des routes, citant notamment le pont du village Pama, devenu impraticable. Cette situation, selon lui, complique les interventions des forces de défense et de sécurité dans la commune et les localités environnantes.
« Tant que les routes restent impraticables, les forces de défense et de sécurité vont toujours éprouver des difficultés à intervenir efficacement pour protéger les populations de Lambi et des villages environnants », a-t-il déclaré.
Le responsable local a, par ailleurs, appelé à accélérer le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) des combattants du groupe 3R présents dans la région, afin de réduire les risques pesant sur les civils.
De son côté, le représentant de la jeunesse, Roméo Ouabangué, a souligné l’insuffisance des effectifs des Forces armées centrafricaines (FACA) et de la gendarmerie dans la commune.
Selon lui, le nombre limité de militaires et de gendarmes, ainsi que le manque de moyens logistiques, réduisent leur capacité à répondre efficacement aux besoins de sécurité de la population.
Il a appelé les autorités centrafricaines à renforcer les effectifs des FACA et à améliorer leurs moyens opérationnels afin de permettre une meilleure protection des habitants.
À travers cette patrouille, la Force de réaction rapide du contingent portugais entend ainsi consolider sa présence dans les zones éloignées de la capitale, renforcer le dialogue avec les communautés et contribuer aux efforts de protection des civils et de stabilisation en République centrafricaine.
TE/APA





