Investir davantage dans la recherche appliquée est une condition essentielle pour concevoir des politiques publiques ancrées dans les réalités locales, ont soutenu chercheurs et partenaires techniques, mardi à Dakar.
lors de la troisième édition du Forum national de la recherche économique et sociale organisé par le Consortium pour la recherche économique et sociale (CRES).
Réunis dans la capitale sénégalaise, ce mardi, décideurs publics, le universitaires, partenaires au développement et acteurs de la société civile ont échangé sur la nécessité de renforcer l’utilisation des données probantes dans la prise de décision, dans un contexte marqué par la mise en œuvre de la Vision Sénégal 2050.
« L’idée de ce forum est de susciter un dialogue permanent entre les chercheurs et les décideurs. Les chercheurs produisent des évidences empiriques, mais c’est à travers l’interaction avec les politiques que ces résultats deviennent de véritables outils d’aide à la décision », a expliqué le professeur François Joseph Cabral, coordonnateur scientifique du CRES.
Pour illustrer l’impact concret de la recherche sur les politiques publiques, l’universitaire a rappelé les travaux menés par le CRES sur la fiscalité du tabac.
« Cette recherche a conduit à des décisions prises au Parlement sénégalais, avec une révision de la taxe sur le tabac. La consommation s’est ajustée. C’est la preuve que, lorsque la recherche est écoutée, elle peut transformer l’action publique », a-t-il souligné.
Selon lui, la même logique prévaut pour les travaux actuels sur la sécurité alimentaire, l’autonomisation économique des femmes ou encore l’alimentation et les maladies non transmissibles, notamment à travers le programme CHEFS.
« Il faut des données probantes pour que les décideurs changent les habitudes et réduisent l’occurrence de ces maladies. Sans recherche, on décide à l’aveugle », a-t-il insisté.
Pour le professeur Cabral, l’enjeu dépasse la seule production scientifique. « Si davantage de ressources sont mobilisées pour la recherche, des solutions plus endogènes, mieux adaptées à nos contextes sociaux et économiques, verront le jour. Les décideurs sont là, les ministères sont impliqués, mais il faut renforcer l’investissement dans la connaissance », a-t-il plaidé.
À travers cette troisième édition, le Forum national de la recherche économique et sociale se veut ainsi une plateforme stratégique de transfert de connaissances, destinée à rapprocher durablement la recherche et la décision publique, afin de faire de l’investissement dans la science un moteur de politiques publiques efficaces, inclusives et ancrées dans les réalités du Sénégal.
ARD/Sf/APA







