La Côte d’Ivoire, troisième producteur mondial de caoutchouc naturel, se positionne comme l’un des chefs de file de la filière dans le monde, avec plus d’un million de personnes qui vivent de l’hévéaculture dans le pays.
Pour impulser une hévéaculture durable et sans déforestation, la Société africaine de plantations d’hévéa (SAPH) a initié un projet dénommé « Sustainable Rubber for Communities », implémenté dans la région de la Mé (Sud ivoirien), notamment dans les villages de Mopodji et Kossandji.
Elle a mis en œuvre ce projet, en partenariat avec la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) et l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR). Lancé en août 2023, le projet a été clôturé le jeudi 18 septembre 2025, lors d’un atelier, au siège du Groupe SIFCA, à Abidjan.
Présentant les résultats du projet « Sustainable Rubber for Communities », le lieutenant Yves-Eric Yapo, chargé du Système d’informations géographiques et écologiques à l’OIPR, a indiqué que deux associations villageoises d’épargne et de crédit ont été mises en place à Mopodji et Kossandji.
En outre, dira-t-il, 60 femmes et 60 producteurs d’hévéa ont été formés sur l’importance de la vie associative, le fonctionnement des Associations de vulgarisation de l’entraide communautaire (AVEC), l’entrepreneuriat, le leadership et la culture financière.
Le lieutenant Yves-Eric Yapo a souligné que deux associations de femmes ont été formalisées à travers des statuts et règlements intérieurs soumis à la préfecture, ainsi qu’une stratégie de commercialisation des fonds de tasse, impliquant 59 nouveaux producteurs d’hévéa.
Mme Atsé Jeannette, présidente d’une association de femmes a confié que « le projet nous a beaucoup aidé, parce que ça nous a apporté de l’argent ». Les femmes, selon elle, font aujourd’hui la culture du piment, des maraîchers et l’élevage de porcs à Kossandji.
« Cela a permis aux femmes du village d’avoir de l’argent pour supporter leurs familles, envoyer les enfants à l’école et préserver aussi la forêt », a témoigné Mme Atsé Jeannette, qui a pris part à la cérémonie de clôture du projet, à Abidjan.
« Ce projet de la Mé va servir de cas d’école », a déclaré M. Thierry Serres, directeur général de la SAPH souhaitant que l’hévéa cultivé en Côte d’Ivoire soit « sans déforestation, un hévéa inclusif qui donne sa place aux femmes et aux communautés »
« Le projet est fini aujourd’hui, mais il va continuer », a assuré M. Thierry Serres, qui a relevé que « ce projet ambitionne de changer les conditions de vie des producteurs d’hévéa dans la région, d’inspirer tous les acteurs de la filière » sur la préservation de la forêt en Côte d’Ivoire.
L’hévéa séquestre le carbone et favorise la pluviométrie. Par ailleurs, l’hévéaculture permet d’avoir des revenus toute l’année, ce qui stabilise les revenus en milieu rural, a fait observer M. Thierry Serres. Ce projet est aligné sur les priorités nationales de préservation des forêts
La Côte d’Ivoire a perdu plus de 84 % de sa couverture forestière en un siècle, passant de 16 millions d’hectares en 1900 à seulement 2,97 millions en 2021. Face à cette situation, le gouvernement a adopté une Politique de préservation, de réhabilitation et d’extension des forêts (PPREF), avec pour ambition de restaurer 6,4 millions d’hectares d’ici 2030.
C’est dans ce cadre que la SAPH, la GIZ et l’OIPR, avec l’appui de l’APROMAC et de l’AUPCN, ont initié le projet « Sustainable Rubber for Communities » dans la région de la Mé. Ce projet vise à renforcer la surveillance de la Réserve naturelle de Mabi-Yaya.
Le projet vise également à renforcer l’engagement des usiniers pour exclure l’achat de caoutchouc issu de la Réserve naturelle de Mabi-Yaya, développer des activités économiques alternatives au profit des communautés riveraines, en particulier les groupements de femmes et les producteurs d’hévéa de Kossandji et Mopodji.
« Ce projet illustre notre volonté de conjuguer performance économique, préservation de l’environnement et amélioration du bien-être des communautés locales. En travaillant main dans la main avec nos partenaires, nous prouvons qu’une hévéaculture responsable et durable est possible », a soutenu M. Thierry Serres.
Des résultats concrets pour les communautés et la biodiversité. Après deux ans de mise en œuvre, les résultats sont tangibles : Une meilleure protection de la Réserve naturelle de Mabi-Yaya contre la déforestation ;
L’engagement formel des usiniers à ne pas acheter de caoutchouc issu de la Réserve, officialisé par une déclaration commune présentée le 22 mai 20258 lors de la Journée mondiale de la Biodiversité ;
De nouvelles opportunités économiques ont été créées pour les communautés locales, grâce à la distribution d’intrants et de matériels agricoles aux groupements de femmes et aux producteurs de Kossandji et Mopodji.
« La protection des réserves naturelles ne peut réussir sans l’implication des communautés riveraines. En soutenant leurs initiatives économiques et sociales, nous créons ensemble les conditions d’une gestion durable des forêts », a affirmé Mme Danja Bergmann, cheffe adjointe de coopération de l’ambassade d’Allemagne en Côte d’Ivoire.
Leader de l’hévéaculture durable en Afrique de l’Ouest avec 281 000 tonnes produites en 2024 (70 % de la production du Groupe SIPH), la SAPH s’engage pour une production de caoutchouc naturel respectueuse de l’environnement et de ses acteurs.
À travers ses actions, la SAPH développe des programmes communautaires adaptés aux besoins des populations locales et contribue à l’amélioration des conditions de vie dans ses zones opérationnelles.
En Côte d’Ivoire, l’hévéa est la deuxième filière d’exportation du pays.
AP/Sf/APA







